Overblog
Edit post Follow this blog Administration + Create my blog
simone-over-blog Vivre la foi chrétienne au quotidien ici et ailleurs: réflexions , réactions et méditations en chemin.

La guerre de la galaxie, c'est pour quand?

Simone
Spectacle de fin du monde Samuel Colman

Spectacle de fin du monde Samuel Colman

La guerre des galaxies, c’est pour quand ?


 

vendredi 13 août, 2021, Auvergne


 

(Bon vendredi 13 ! En Colombie, le jour qui portait malheur, c’était le mardi 13….alors, allez savoir !


 


 

Veillez et priez


 


 

Marc 13 : 23-37


 


 

Si quelqu'un vous dit alors: "Le Christ est ici", ou: "Il est là", ne le croyez pas.

Soyez sur vos gardes: je vous ai tout annoncé d'avance.

Mais dans ces jours, après cette détresse, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière,

les étoiles tomberont du ciel, et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées.

Alors on verra le Fils de l'homme venant sur les nuées avec une grande puissance et avec gloire.

Alors il enverra les anges, et il rassemblera les élus des quatre vents, de l'extrémité de la terre jusqu'à l'extrémité du ciel.

Instruisez-vous par une comparaison tirée du figuier. Dès que ses branches deviennent tendres, et que les feuilles poussent, vous connaissez que l'été est proche.

De même, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le Fils de l'homme est proche, à la porte.

Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n'arrive.

Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.

Pour ce qui est du jour ou de l'heure, personne ne le sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul.

Prenez garde, veillez et priez; car vous ne savez quand ce temps viendra.

Il en sera comme d'un homme qui, partant pour un voyage, laisse sa maison, remet l'autorité à ses serviteurs, indique à chacun sa tâche, et ordonne au portier de veiller.

Veillez donc, car vous ne savez quand viendra le maître de la maison, ou le soir, ou au milieu de la nuit, ou au chant du coq, ou le matin;

craignez qu'il ne vous trouve endormis, à son arrivée soudaine.

Ce que je vous dis, je le dis à tous: Veillez.


 


 


 

Au fil de mes lectures le contexte historique


 

En lisant certains articles de spécialistes sur ce chapitre 13, j’apprends des faits intéressants liés à l’histoire des premiers disciples de Jésus dans cette église de Rome pour lesquels Marc aurait écrit son évangile. Un auteur dont je cite l’article à la fin (VAN IERSEL, B.) parle des divisions qu’il y a eu au sein de la communauté étant donné que certains ont trahi leurs coreligionnaires, pendant la persécution qu’ils avaient vécu et étaient en train de vivre (il le dit comme un fait avéré). Cet évangéliste insiste donc dans son récit sur le fait que les disciples eux-mêmes n’étaient pas à la hauteur du vivant de Jésus comme certains d’entre eux ne le seront pas plus tard, son but étant d'aider à guérir les blessures et les divisions subies à cette occasion dans la communauté.


 

(Évidemment, je ne pense pas que le fait que ce soit Marc qui ait rédigé ce texte veuille dire qu’il ait inventé ces paroles et que Jésus ne les ai pas dites...ce que malheureusement certains insinuent...mais qu’elles aient été rapportées entre celles dont il avait pris connaissance et qu’il a jugé important d’inclure dans son texte. Selon notre conception de l’inspiration divine du texte biblique on va plus ou moins valider le texte ( si par exemple, c’est une inspiration mot pour mot ou au contraire plus générale). Comme je l’ai déjà dit la question de l’inspiration divine nous garantit que Dieu n’a pas permis que les paroles rapportées et transmises de Jésus  ne soient pas en accord avec ce qu’il a dit historiquement parlant, étant donné le caractère de Dieu dont l’intention n’a jamais été de tromper l’homme. Ce serait contraire à sa nature)


 


 

Si quelqu'un vous dit alors: "Le Christ est ici", ou: "Il est là", ne le croyez pas.

Soyez sur vos gardes: je vous ai tout annoncé d'avance.


 

Pour beaucoup d'experts ces deux déclarations appartiendraient à la partie qui décrit les circonstances de la chute de Jérusalem et la destruction du temple. Si on accepte ce découpage et cette interprétation, il est normal d’imaginer qu’il y ait eu des rumeurs disant que Jésus est revenu et est présent quelque part dans Jérusalem considérant surtout que beaucoup de disciples pensaient qu’il reviendrait de leur vivant. C’est dans ce sens que cet avertissement est tellement d’actualités étant donné la prolifération des sites de "désinformation" : méfiez-vous de ceux chrétiens, qui colportent des rumeurs sur la pandémie et sont trop prompts à proclamer le retour imminent du Christ !


 

La guerre des galaxies ?


 

 

Mais dans ces jours, après cette détresse, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière,

les étoiles tomberont du ciel, et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées.

Alors on verra le Fils de l'homme venant sur les nuées avec une grande puissance et avec gloire.

Alors il enverra les anges, et il rassemblera les élus des quatre vents, de l'extrémité de la terre jusqu'à l'extrémité du ciel.


 


 

Maintenant, il semble évident que l’on bascule dans le temps et qu’il ne s’agit plus de la destruction du temple mais de ce qu’on appelle « la parousie », le temps du retour du Christ, une vraie fin des temps, un autre épisode de l’histoire humaine, une nouvelle ère. La question se pose donc ici si ces paroles ont été prononcées à un autre moment par Jésus mais ont été mises ici pour des raisons d’agencement du récit ? Mon incapacité à lire le texte dans l’original ne me permet pas d’avoir d’opinion…sur par exemple les subtilités des discussions sur la vraie signification de « mais dans ces temps- là » (sujet sur lequel dissertent beaucoup d’exégètes.)


 

En tout cas, il s’agit bien d’une catastrophe à dimension planétaire que Jésus décrit… et ça me fait penser à ces films ou ces romans de science fiction qui à un moment donné cessent d’être fiction…. et deviennent réalité. Avec le concept de « la guerre des galaxies » et malheureusement la possibilité de transporter nos guerres dans l’espace, la description de Jésus apparaît pour nous lecteurs du 21éme siècle une réalité plus envisageable que pour ceux du temps de Jésus…


 

Toujours est-il que le retour du Christ se fera d’une manière spectaculaire ce qui permet d’expliquer et renforcer l’idée donnée plus haut de ne pas croire aux rumeurs de son retour à un lieu géographique précis ( malheureusement, beaucoup l’ont fait au cours de l’histoire) et surtout, il est intéressant de noter, dans ce texte que Jésus ne parle pas de jugement dernier...mais de « rassemblement des élus » contrairement à d’autres évangiles


 

Une prière sacerdotale ?


 

D’une certaine manière, cela renforce l’idée pour moi que l’intention de Jésus dans ce discours à ses disciples venait de sa préoccupation pour eux sachant qu’ils allaient affronter des temps difficiles et son but est de les préparer le mieux possible à vivre ces moments-là. S’adressant à eux en particulier et non à la foule ici, il veut leur faire savoir, qu’il viendra les chercher : c’est vraiment une consolation pour eux de savoir qu’ils seront de nouveau réunis avec lui et donc qu’il ne sont pas oubliés.


 

Dans ce sens, ça me rappelle certains passages du texte de l’évangile de Jean dans ce qui est appelé la prière sacerdotale, où Jésus avant de mourir prie pour ses disciples et leur donne ses derniers conseils. Ici j’ai l’impression d’un discours du même type même si ce n’est pas une prière. C’est du genre, «  il ne faut surtout pas que j’oublie de leur dire avant d’être livré et fait prisonnier car je ne pourrais plus communiquer avec eux plus tard... » Il anticipe sa passion et leur désarroi...


 

En aucun cas, l’intention de Jésus semble être de leur faire peur ce qui n’est pas évident dans une première lecture étant donné ce dont il parle.


 

Quand ? Demain ou après-demain


 

Instruisez-vous par une comparaison tirée du figuier. Dès que ses branches deviennent tendres, et que les feuilles poussent, vous connaissez que l'été est proche.

 

De même, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le Fils de l'homme est proche, à la porte.

Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n'arrive.

Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.

Pour ce qui est du jour ou de l'heure, personne ne le sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul.


 

Ces paroles sont tellement citées aujourd’hui et réutilisées pour prouver différentes théories sur la fin des temps, que je me rends compter du danger de les analyser indépendamment les unes des autres et du besoin de les replacer dans le contexte dans lesquelles elles se trouvent, non pas comme certains le pensent pour en contester leur validité, mais pour mieux les comprendre et respecter le sens que leur ont donné Jésus quand il les a prononcées !


 

Il y a dans ces quelques lignes deux déclarations fortes de Jésus sur la temporalité des événements dont il parle et qui semblent contradictoires.


 

La première, celle qui mentionne les signes avant coureurs de la venue du « fils de l’homme » ( alors certains disent que quand Jésus parlait du Fils de l’homme, il ne parlait pas de lui-même...bref) insiste sur l’importance de chercher à les reconnaître. Elle est renforcée par la déclaration de la valeur de ses paroles « qui ne passeront pas » qui elles défient le temps et l’existence même de l’univers. Elle encourage ses disciples à être attentif aux signes qui permettent de prédire l’avenir et semble donc aller dans le sens de toutes ces activités divinatoires dont les journaux sont remplis, (surtout au début d‘une nouvelle année) et dont sont friands chrétiens et non chrétiens..


 

Et la deuxième au contraire coupe court à toutes les prédictions ou tous les présages que l’on puisse émettre sur le temps exact de son retour : l’affirmation catégorique que personne ne sait ni le jour ni l’heure et que lui-même le fils ne le savait pas ( alors évidemment ça a fait couler beaucoup d’encre quand on essaie de placer cela dans le dogme trinitaire, mais bref…) met un coup de frein ou dénonce à l’avance comme mensongère l’annonce du moment où il reviendra…( alors évidemment comme le texte dit «  ni le jour ni l’heure », mais pas l’année ou le mois donc, certains disent que l’on peut s’avancer sur le mois ou l’année où ça se passera...on arrive toujours à s’y retrouver quand on le veut)


 

Alors comment maintenir en équilibre ces deux notions ? il faut être un sacré équilibriste pour maintenir les deux aspects de cette affirmation… !

 

Et puis pour ajouter à la confusion, il y a cette annonce qui fait vraiment problème « Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n'arrive » car si la génération de certains disciples présents pourront être témoins de la destruction du temple, ils n’ont certainement pas été témoins du retour du Christ…

 

(Bien entendu, je ne suis pas la seule à avoir noté la difficulté d’interprétation de cette affirmation et à travers les siècles, surtout les dernières générations d’exégètes , différentes solutions ont été trouvées pour résoudre le problème, la plus simple étant de dire que Jésus s’en référait uniquement à la destruction du temple, ou qu’il ne l’a jamais dit, ou qu’il a été mis là par erreur ou pour le besoin de la cause...Je ne suis pas en mesure d’avoir une opinion sur la question… je zappe donc...)


 

En tout cas, pour ce qui me concerne dans ce passage, j’accorde plus de place à la déclaration catégorique de Jésus que personne ne peut prédire la date, car personne ne le sait, qu’à l’importance de la lecture des signes. Tellement il me semble que chaque génération a reconnu ces signes...et tellement ça m’énerve d’entendre ou de lire ( car je n’écoute pas ce genre de prédication) les discours-sermons qui attribuent à chaque parole une signification bien particulière, localisée très précisément dans le temps et l’espace, et de voir la gymnastique interprétative à laquelle ils se livrent après quand la date annoncée a passé…


 


 

Veillez et prier


 


 

Prenez garde, veillez et priez; car vous ne savez quand ce temps viendra.


 


 

Jésus finalement lui termine avec la recommandation le plus importante : veillez et prier sur laquelle il insiste en donnant une parabole pour bien illustrer son propos.


 

Il en sera comme d'un homme qui, partant pour un voyage, laisse sa maison, remet l'autorité à ses serviteurs, indique à chacun sa tâche, et ordonne au portier de veiller.

Veillez donc, car vous ne savez quand viendra le maître de la maison, ou le soir, ou au milieu de la nuit, ou au chant du coq, ou le matin;

craignez qu'il ne vous trouve endormis, à son arrivée soudaine.

Ce que je vous dis, je le dis à tous: Veillez.


 

Veillez et prier !


 

J’en reste là pour l’instant : recommandation tellement riche de sens, qu’il faudra que j’y revienne !


 

P.S. L’article auquel je fais référence :VAN IERSEL, B. (1996). Failed Followers in Mark: Mark 13:12 as a Key for the Identification of the Intended Readers. <i>The Catholic Biblical Quarterly,</i> <i>58</i>(2), 244-263. Retrieved August 14, 2021, from http://www.jstor.org/stable/43724274

Autre article  Vorster, W. (1987). Literary reflections on Mark 13:5-37: A narrated speech of Jesus. Neotestamentica, 21(2), 203-224. Retrieved July 15, 2021, from http://www.jstor.org/stable/43070392


 


 

To be informed of the latest articles, subscribe:
Comments