Overblog
Edit post Follow this blog Administration + Create my blog
simone-over-blog Vivre la foi chrétienne au quotidien ici et ailleurs: réflexions , réactions et méditations en chemin.

Jésus: un agitateur dangereux

Simone
Coucher de soleil en Auvergne

Coucher de soleil en Auvergne

Le 29 mai, 2021, Auvergne

 

Le mois de mai qui a été froid, finit en beauté ! La preuve ce magnifique coucher de soleil! …. et le cessez-le feu entre Israël et Gaza tient le coup pour l’instant !

 

Marc 12: 1-12

 

 

Jésus se mit ensuite à leur parler en paraboles. Un homme planta une vigne. Il l'entoura d'une haie, creusa un pressoir, et bâtit une tour; puis il l'afferma à des vignerons, et quitta le pays.

Au temps de la récolte, il envoya un serviteur vers les vignerons, pour recevoir d'eux une part du produit de la vigne.

S'étant saisis de lui, ils le battirent, et le renvoyèrent à vide.

Il envoya de nouveau vers eux un autre serviteur; ils le frappèrent à la tête, et l'outragèrent.

Il en envoya un troisième, qu'ils tuèrent; puis plusieurs autres, qu'ils battirent ou tuèrent.

Il avait encore un fils bien-aimé; il l'envoya vers eux le dernier, en disant: Ils auront du respect pour mon fils.

Mais ces vignerons dirent entre eux: Voici l'héritier; venez, tuons-le, et l'héritage sera à nous.

Et ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne.

Maintenant, que fera le maître de la vigne? Il viendra, fera périr les vignerons, et il donnera la vigne à d'autres

N'avez-vous pas lu cette parole de l'Écriture: La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient Est devenue la principale de l'angle;

C'est par la volonté du Seigneur qu'elle l'est devenue, Et c'est un prodige à nos yeux?

Ils cherchaient à se saisir de lui, mais ils craignaient la foule. Ils avaient compris que c'était pour eux que Jésus avait dit cette parabole. Et ils le quittèrent, et s'en allèrent.

 

 

 

Jésus contre-attaque.. et défie ses contradicteurs…

 

 

On est toujours à Jérusalem, et on est toujours dans le temple où Jésus vient enseigner( il n’est plus question ici de guérir des malades ou d’expulser les démons) entouré de ses disciples ( ses gardes du corps?) et vient l'écouter, une foule d’anonymes parmi lesquels des représentants des autorités religieuses qui sont là pour le tester...mais le texte de Marc va plus loin car il dit carrément un peu plus haut qu’ils cherchent à le tuer : « les principaux sacrificateurs et les scribes, l’ayant entendu cherchèrent les moyens de le faire périr »

 

Il est facile de comprendre que Jésus est en danger : Jésus le sait et nous aussi qui lisons le texte mais les disciples ne semblent pas s’en rendre compte, il n’y a rien qui nous soit dit qui puisse l’imaginer. Leur attitude d’ailleurs est assez facile à comprendre : ils le croient invincible... ils l’ont vu faire des miracles et surtout tenir tête aux scribes et pharisiens sans être inquiété.

 

Jésus, lui après avoir esquivé les questions des autorités religieuses sur qui il était, raconte maintenant une parabole qui ne va certainement pas améliorer sa situation : son message est une véritable attaque frontale mais la manière dont il le fait est quand même surprenante et d’une grande subtilité. Il utilise une parabole qui pourtant, toute parabole qu’elle soit, a un sens très clair pour les « sacrificateurs et les scribes » ce que l’évangéliste nous dit  « Ils avaient compris que c'était pour eux que Jésus avait dit cette parabole » Il y a de quoi s’y arrêter car auparavant, quand Jésus utilisait des paraboles personne ni même les disciples n’étaient très sûrs de ce qu’elles signifiaient jusqu’à ce que Jésus lui-même nous les explique.

 

Cette fois-ci, on a une situation où le message de la parabole est compris par ceux auxquels elle s’adresse donnant l’impression que la foule et même les disciples présents n’en ont pas compris le message. Jésus leur envoie un message crypté mais qu’il sait ils pourront déchiffrer. Et ce message quel est-il ? Il est qu’il sait qu’ils cherchent à le tuer . Il annonce à l’avance leurs intentions qu’ils croyaient secrètes…C’est très fort de sa part. Jésus apparaît là de nouveau comme celui qui contrôle sa destinée, qui ne se pose pas en victime passive inconsciente du danger qu’il court. Il sait et il n’a pas peur !

 

Mais en plus, il les prévient, des conséquences de leur acte (pour essayer de les en dissuader?) car ce qui arrivera est ce qu’ils redoutent le plus : Perdre le pouvoir … ils perdront leur statut de privilégies, d’ayant droit ; de représenter la volonté divine, de diriger le peuple au nom du Dieu d’Abraham et de Jacob … c’est Dieu lui-même qui leur enlèvera leur autorité et la donnera à d’autres...Un jugement et un châtiment terrible ...

 

 

Maintenant, que fera le maître de la vigne? Il viendra, fera périr les vignerons, et il donnera la vigne à d'autres

 

Mais l’ont-ils cru ? Il ne le semble pas, ce qu’ils ont compris par contre c’est qu’il défiait ouvertement leur autorité, et qu’il continuerait à le faire : ils ne pourraient pas l’intimider. Leur seule option serait pour l’instant d’essayer de le discréditer aux yeux de la foule.

 

 

Ils cherchaient à se saisir de lui, mais ils craignaient la foule. Ils avaient compris que c'était pour eux que Jésus avait dit cette parabole. Et ils le quittèrent, et s'en allèrent.

 

 

 

Ici, il semble bien évident que ce n’est pas tout le peuple juif qui est condamné : cette foule, ce peuple autour de lui qui l’acclame et le révère, et le protège et que les sacrificateurs et les scribes craignent !  On ne peut pas dans ce texte y trouver une base pour l’anti-sémitisme qui viendra plus tard. (Mais malheureusement on fait feu de tout bois !)

 

 

 

Par contre on ne peut pas lire ce passage sans voir en Jésus la figure d’un révolutionnaire, un agitateur, un subversif...quelque soit le terme que l’on choisisse, quelqu’un qui remet en cause le statut-quo, le pouvoir des grands, comment autre pourrait-il être nommé?  Car ce sont bien eux qu’il défie et attaque : les détenteurs du pouvoir politique et religieux du moment… les deux étant indissociables.…qu’on le veuille ou non.

 

Avoir le pouvoir religieux, c’est aussi exercer un pouvoir politique, et tout le monde le sait surtout ceux qui courent après et rêvent de toute-puissance : il n’y a rien de mieux pour cela que de déclarer que son autorité vient d’en haut, qu’elle est de « droit divin » en quelque sorte.  Ça coupe court à toutes les discussions à toutes les velléités de contestation, de révolte et c'est pourquoi tant s'y soumettent  car les défier est dangereux.

 

C’est une illusion, un piège de croire que les prises de position que l’on peut prendre au nom de Jésus restent dans la sphère du religieux et n’ont pas de conséquences politiques… les nombreux martyres de la foi, en Amérique latine par exemple en sont l’illustration… On n’élimine pas les gens pour des raisons de variances théologiques et d’interprétations bibliques, on les élimine parce-qu’ils menacent notre pouvoir! Un point c’est tout !

 

Qui a dit que Jésus aurait créé une religion qui serait l’opium du peuple ?

 

Certainement pas !

 

(Ça doit être un autre Jésus, pas celui de l’évangile de Marc...)

 

 

 

 

To be informed of the latest articles, subscribe:
Comments