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simone-over-blog Vivre la foi chrétienne au quotidien ici et ailleurs: réflexions , réactions et méditations en chemin.

Du bien et du mal....et de Benoît XVI.....

Simone
Aube glacée du 3 février....pleine d'espérance

Aube glacée du 3 février....pleine d'espérance

Le 3 février 2021, la Virginie toujours enneigée


 

Du mal et du bien…


 

Même si je ne suis pas particulièrement papiste…


 

La question de la lutte entre le bien et le mal, la réalité même de ces deux pôles opposés, a été en philosophie comme en théologie un thème qui a fait l’objet de nombreux écrits et de nombreuses polémiques. Aujourd’hui, beaucoup veulent se débarrasser de ces catégories figées et citent à tort et à travers pour cela, les notions chinoises du ying et du yang pour en contester la réalité, étant donné que tout ce qui est « oriental »  est certainement vrai …( on n’en sortira jamais de l’exotisme!)


 

D’une manière ou d’une autre, je suis frappée moi, quand je lis des mangas ou quand je regarde avec mes petits-enfants toutes ces histoires de super héros créés par des artistes japonais à la télévision et que je leur demande des explications (car je n’y comprends rien bien entendu) sur ces bagarres constantes avec leurs épées lumineuses et leurs pouvoirs surnaturels, qui sont les bons et qui sont les mauvais, je me rends compte à quel point la lutte entre le mal et le bien, entre les bons et les mauvais, est au coeur de tous ces programmes de science fiction : elle est une réalité incontournable que l’on appartienne à une culture dite occidentale ou orientale.


 

Évidemment, les armes que les bons utilisent pour vaincre les mauvais sont aussi destructrices que celles des mauvais pour détruire les bons.... mais il n y a pas de doute de doute sur qui sont les bons et qui sont les méchants et de quel coté on doit se ranger... Il faut aussi préciser peut-être que dans ce domaine les femmes n’ont pas un rôle ou un statut particulier, en talons hauts ou pas : elles peuvent être aussi méchantes et cruelles que les hommes, pas de discrimination de ce côté là….


 

On a souvent l’idée que la lutte entre le bien et le mal est aussi au coeur du christianisme au point où certains disent que c’est une de ses inventions ou de ses mauvaises idées… En tout cas, selon la tradition ecclésiale à laquelle on appartient, leur rapport de force varie : pour certains, le mal est négligeable, pour d’autres la lutte entre les deux forces est égale et pour d’autres encore le mal est la condition première de l’être humain… et bien entendu, chacun a ses passages bibliques pour prouver son point de vue. Ce qu’il y a derrière ces manières de voir, ce sont ces moments clefs dans l’histoire de l’humanité qui nous sont présentés dans la bible : la création, la chute ( le péché originel), et la rédemption avec la mort et la résurrection de Jésus.

 

(Dans les milieux évangéliques où je me trouve ici, le principe fondamental est celui de la corruption totale de l’être humain qui s’appuie sur l’affirmation de Paul dans le chapitre 3 de son épître aux Romains et qui dit : « Car nous avons déjà prouvé que tous, Juifs et Grecs, sont sous l'empire du péché, selon qu'il est écrit: Il n'y a point de juste, Pas même un seul;Nul n'est intelligent, Nul ne cherche Dieu; Tous sont égarés, tous sont pervertis; Il n'en est aucun qui fasse le bien, Pas même un seul ». Ceux qui citent uniquement ce texte oublient tout le chapitre précédent qui lui, donne une vision différente…)


 

En tout cas, j’ai trouvé sur le site de l’évangile au quotidien ce commentaire de l’ex pape Benoît qui m’a vraiment enthousiasmé, pape malheureusement (ou heureusement peut-être pour lui) qui était nul pour la com mais était et reste un théologien remarquable ! Il remet bien les pendules à l’heure en affirmant que les deux notions ne sont pas équivalentes, mettant presque entre parenthèses la question du péché originel, ce qui est étonnant pour un pape dit traditionaliste, et il parle de mystère de l’obscurité, reconnaissant notre incapacité à rendre compte et à comprendre la réalité « indéniable »du mal qui pour ceux d’entre nous qui avons vécu dans des pays secoués par la violence mais aussi qui avons fréquenté les prisons et autres lieux de « perdition » est d’une évidence tristement incontestable.


 

Voilà donc ce qu’il dit :


 

« Esprit mauvais, sors de cet homme ! » (ça c’est Jésus qui le dit…!)

Le fait du pouvoir du mal dans le cœur humain et dans l'histoire humaine est indéniable. La question est : comment ce mal s'explique-t-il ? (...) La foi nous dit : il existe deux mystères de lumière et un mystère de nuit, lequel est toutefois enveloppé par les mystères de lumière. Le premier mystère de lumière est celui-ci : la foi nous dit qu'il n'y a pas deux principes, un bon et un mauvais, mais un seul principe, le Dieu créateur, et ce principe est bon, seulement bon, sans ombre de mal. C'est pourquoi l'être non plus n'est pas un mélange de bien et de mal : l'être comme tel est bon, et donc il est bon d'être, il est bon de vivre. Telle est l'heureuse annonce de la foi : il n'y a qu'une source, bonne, le Créateur. (...)

S'ensuit un mystère d'obscurité, de nuit. Le mal ne vient pas de la source de l'être lui-même, il n'est pas également originel. Le mal vient d'une liberté créée, d'une liberté dont on a abusé. Comment cela a-t-il été possible ? Comment est-ce arrivé ? Cela demeure obscur. Le mal n'est pas logique. Seul Dieu et le bien sont logiques, sont lumière. Le mal demeure mystérieux. (...) Nous pouvons deviner, pas expliquer ; nous ne pouvons pas même le raconter comme un fait détaché d'un autre, parce qu'il s'agit d'une réalité plus profonde. Cela demeure un mystère d'obscurité, de nuit.

Mais un mystère de lumière vient immédiatement s'y ajouter. Le mal vient d'une source subordonnée. Dieu avec sa lumière est plus fort. Et c'est pourquoi le mal peut-être surmonté. C'est pourquoi, la créature, l'homme, peut être guéri. (...) Et enfin, dernier point, l'homme non seulement peut être guéri, mais il est guéri de fait. Dieu a introduit la guérison. Il est entré en personne dans l'histoire. À la source constante du mal il a opposé une source de bien pur. Le Christ crucifié et ressuscité, nouvel Adam, oppose au fleuve sale du mal un fleuve de lumière. Et ce fleuve est présent dans l'histoire : nous voyons les saints, les grands saints mais aussi les humbles saints, les simples fidèles. Nous voyons que le fleuve de lumière qui vient du Christ est présent, il est fort.


 

Je trouve cela magnifique et plein d’espérance !


 

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