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simone-over-blog Vivre la foi chrétienne au quotidien ici et ailleurs: réflexions , réactions et méditations en chemin.

Interlude

Simone
Aube après la tempête de neige

Aube après la tempête de neige

Marc 9 ; 11-13

18 décembre, 2020

Interlude…


 

( la neige qui est tombée hier était un interlude bienvenu dans notre quotidien)


 

Après un épisode comme la Transfiguration, on a envie de faire une pause avant de passer à la suite et on se demande comment cet événement va impacter le récit...comment va-t-il changer le regard que l’on porte sur Jésus ou que ces trois disciples présents à ce moment là vont porter sur lui…

 

Est-ce que tout va vraiment basculer ?


 

* * *


 

En tout cas, je suis contente d’avoir choisi d’étudier cet évangile pour essayer de revoir la question toujours d’actualité pour moi, de qui est Jésus. Dans son récit, l’auteur de cet évangile est vraiment discret. .il y a peu de passages où l’on puisse détecter sa voix, peu d’intrusions d’auteur même si on s’ingénie à découvrir sa méthodologie et aussi sa théologie … et c’est ce manque d’interférence, cette pauvreté de commentaires et d’explications, laissant au lecteur la liberté d’interpréter ce qui lui est raconté qui le rend si intéressant. Un article que j’ai lu (venant de l’Afrique du Sud) disait que le Jésus de Marc était post-moderne dans sa conception car justement l’identité de Jésus n’y était que suggérée mais bien sûr, j’ai envie de dire qu’il est surtout pré-moderne, pré-siècle des lumières, pré moyenâgeux, pré-scolastique et pré-thomiste….et pré-concile de Trente…


 

Je m’étonne en lisant les nombreux articles qui sont écrits sur cet évangile à quel point la question de la divinité de Jésus occupe une place importante dans ces discussions et le besoin qu’ont les critiques de se positionner par rapport à cette affirmation et ce qu’elle signifie : on sent dans chaque étude qu’il y a un enjeu et que les termes de la divinité ou de l’humanité de Jésus sont sous-jacents. Ils ne peuvent pas laisser le texte tranquille...ils n’ont pas envie de découvrir ou redécouvrir Jésus…

 

Mais je comprends aussi leur démarche, bien souvent en lisant le texte de Marc, j’ai envie d’en savoir plus, j’ai envie qu’on me mette des point sur les i, j’ai envie que l’on réponde à mon inquiétude particulière de savoir exactement ce que tel mot ou telle expression veut dire, que l’on donne des réponses bien carrées avec des limites bien définies pour satisfaire mon désir de cohérence qui peut-être n’est autre que celui de contrôler une vérité qui m’échappe...en l’enfermant dans des certitudes qui ne sont pas celles du coeur mais celles de l’intellect…


 

* * *


 

Dans les versets qui suivent, Jésus s’explique répondant à des questions de ses trois disciples qui ayant vu Élie à ses côtés se demandent quelle est vraiment son identité. C’est là où la connaissance du judaïsme de l’époque est indispensable...et où l’on voit l’utilité de la recherche scientifique pour comprendre la manière dont les prophéties sur le retour d’Élie que l’on trouve dans le livre de Malachie (ch 5) étaient interprétées. C’est là  aussi où l'on voit l'importance de ces fameux manuscrits découverts dans les caves du Qmran appartenant à une secte juive de l' époque de Jésus…(s' il n’y a pas de certitudes, il y a des éclairages sur une variété d’approches... en tout cas l'importance d'Élie à l'époque ne fait pas de doutes)


 

Les disciples lui firent cette question: Pourquoi les scribes disent-ils qu'il faut qu'Élie vienne premièrement?

Il leur répondit: Élie viendra premièrement, et rétablira toutes choses. Et pourquoi est-il écrit du Fils de l'homme qu'il doit souffrir beaucoup et être méprisé?

Mais je vous dis qu'Élie est venu, et qu'ils l'ont traité comme ils ont voulu, selon qu'il est écrit de lui.


 

Voilà les explications très succinctes données par Jésus et qui n’expliquent pas grand-chose...Il ne répond pas à la question du pourquoi de la souffrance et du mépris du Fils de l’homme et en ce qui concerne Élie, Jésus dit à la fois qu’il viendra et qu’il est venu...(L’interprétation de la tradition est que Jean Baptiste était l’Élie dont parlait les écritures) donnant à penser que peut-être que les paroles rapportées de Jésus sont tronquées...ou peut-être qu’il y a des questions pour lesquelles la réponse n’est pas nécessaire


 

En tout cas, après la vision lumineuse du Jésus transfiguré, on se retrouve dans la pénombre de la réalité où rien n’est clair… et au fur et à mesure qu’ils descendent de la montagne, les disciples essaient de donner un sens à ce qu’ils ont vu...mais pas facile...Jésus lui-même ne les aide pas.


 

Alors la Transfiguration est-elle un moment clef qui a fait basculer le récit, ou qui a fait basculer les disciples dans leur regard sur Jésus ?


 

Pour nous qui le lisons aujourd’hui, oui, pour les disciples qui étaient là, il ne semble pas...le texte indique plutôt que c’est l’annonce de la souffrance de Jésus qui fait problème...la Transfiguration n’a pas l’air de les secouer outre mesure, le Jésus glorieux paraît être presque dans l’ordre des choses mais celui qui va souffrir par contre, il est plus difficile à saisir…


 

Juxtaposition surprenante que ces deux Jésus si contrastés : on aimerait les réconcilier…


 

Au lieu de cela, le récit se poursuit… Jésus reprend son chemin et les disciples continuent à le suivre… jusques à quand est ce qu il faut se demander… jusques à quand pour nous aussi les lecteurs d’aujourd’hui… aussi interloqués que les auditeurs d’hier par ces deux Jésus en porte-à-faux.

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