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simone-over-blog Vivre la foi chrétienne au quotidien ici et ailleurs: réflexions , réactions et méditations en chemin.

Être disciple: des conditions draconiennes

Simone
En chemin, suivre Jésus...(dans la forêt janvier 2020)

En chemin, suivre Jésus...(dans la forêt janvier 2020)

Le 2/3 décembre 2020,


 

Marc 8 : 34-37

 

Puis, ayant appelé la foule avec ses disciples, il leur dit: Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive.


 

Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de la bonne nouvelle la sauvera.


 

Et que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s'il perd son âme?

Que donnerait un homme en échange de son âme?


 

Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l'homme aura aussi honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père, avec les saints anges.


 

Avec la déclaration de Pierre qui révèle l’identité de Jésus, une identité à la fois attendue mais aussi réfutée ( je suis le Messie mais pas celui que tu crois), on entre vraiment dans une autre dimension du récit.

 

(Je me demande pourquoi, on n’a pas un nouveau chapitre et quel était le raisonnement pour laisser ce qui représente un véritable tournant dans l’histoire dans ce même chapitre 8… à étudier)


 

On quitte le Jésus populaire aimé des foules que tout le monde admire et veut suivre de village en village car il guérit les malades, expulse les démons, nourrit les foules et tient tête aux bien-pensants qui se croient supérieurs au petit peuple … pour découvrir un autre Jésus, celui qui va être le perdant après avoir tenu la dragée haute à tous ses détracteurs…


 

Qui voudra bien le suivre maintenant ?


 

D’autant plus qu’il reste dans la même veine en soulignant juste après que ceux qui veulent le suivre doivent être prêts à emprunter le même chemin , un chemin difficile, un chemin de souffrance, où celui qui veut gagner doit accepter de perdre...Au lieu d’encourager les gens à le suivre, il les décourage et là on découvre un Jésus exigeant qui demande un engagement total qui va jusqu’à accepter de mourir.


 

Jusqu’à présent, Jésus était celui qui répondait aux besoins des autres et à tous ceux qui s’approchaient de lui pour être guéris, il ne demandait rien, il ne mettait aucune condition, le fait qu’ils viennent le chercher était suffisant pour qu’il accède à leur requête ou même qu’il anticipe leurs besoins comme dans la multiplication des pains…


 

Et puis tout à coup, il se tourne vers la foule, pas uniquement vers les disciples qu’il a appelés au début du récit et envers lesquels, il ne semble avoir eu aucune exigence particulière, et se met à parler de renoncement et de la difficulté de le suivre…


 

Il semble évident de penser qu’après une telle exigence, peu dans la foule voudraient devenir ses disciples : le texte ne nous dit rien en ce qui concerne la réaction de cette foule à ses paroles... Pas de mention, comme dans l’histoire du jeune homme riche que certains s’en allèrent et cessèrent de s’intéresser à Jésus…


 

(Il faut le préciser dans ce contexte historique et religieux, des disciples étaient concrètement parlant des personnes qui le suivraient au cours de ses déplacements pour écouter ses enseignements  et d’une manière ou d’une autre le servir ou faire ce qu’ils pouvaient pour faciliter sa mission, ce qui signifiait aussi pourvoir à ses besoins financiers. Les gens savaient qu’autour de Jésus, il y avait cette garde rapprochée qu’étaient les 12, que lui, il avait choisi mais maintenant cette invitation plus large cesse d’être individuelle, il n’appelle personne par son nom, simplement lance cette invitation à qui veut bien l’entendre, comme dans la parabole du semeur. Certainement, même si leur nombre sera limité certains feront partie de cette nébuleuse anonyme qui y répondront et l’accompagneront)


 

Pour les premiers chrétiens, il est sûr que l’appel était de devenir disciples quand l’appellation de « chrétien »dans le sens actuel du terme n’existait pas mais au fur et à mesure que « la bonne nouvelle sera annoncée »et que le christianisme deviendra une religion d’État ou même identitaire, l’appel à suivre Jésus, à devenir disciple deviendra de plus en plus réservé à une catégorie de personnes que l’on nommera clergé et qui assumera une position de pouvoir comme celle des scribes et des pharisiens…Pourtant, dans cette déclaration de Jésus être disciple ne vient pas avec des privilèges et des droits, mais avec un renoncement fondamental, le renoncement à soi, il ne vient même pas, ici, avec une promesse de salut ou de grâce, si ce n’est qu’à la fin des temps ou au moment du jugement.


 

* * *


 

Ça m’interroge… quand je vois d’une part les foules qui suivent Jésus avides de recevoir une guérison, une bénédiction ce qu’il ne refuse jamais quand elle est sincère (contrairement à celle de la demande de signe de la part des pharisiens) et d’autre part cet appel exigeant que Jésus fait ici. Je me demande si l’appel à devenir « disciples » est un appel particulier, différent de celui de l’accueil de Jésus : croire en Jésus, est-ce différent que de le suivre...être disciple n’est pas nécessaire pour recevoir sa grâce semble-t-il mais comment peut-on ne pas passer de l’accueillir à le suivre ne serait-ce que par reconnaissance?


 

Peut-on dissocier les deux ?


 

D’une certaine manière Jésus les dissocie dans son ministère : être disciple n’est pas une condition pour être guéri, la guérison que Jésus offre est totalement gratuite et ne demande aucun engagement de la part de celui qui la reçoit...Ce dont il faudrait toujours se rappeler… la gratuité de la grâce...


 

Par contre pour être disciple pour le suivre, Jésus demande la réflexion : il ne fait pas miroiter une vie facile contrairement aux prédicateurs de pacotille qui pour avoir des adeptes promettent tout et n’importe quoi. Jésus ne trompe pas son monde. C’est pour cela qu’on peut dire qu il ne fait pas de prosélytisme car il n’essaie pas de convaincre qui que soit de le suivre. Pas de manipulation, pas de pression : il a un respect très grand de notre liberté humaine.


 

La décision elle est entre nos mains

(mais cet évangile quand il a été écrit était adressé à ceux qui avaient décidé de la prendre)


 

Cette décision, on ne peut la prendre, qu’après la découverte de l’identité de Jésus comme l’a fait

Pierre :

« tu es le Christ »


 

Identité qui donne à Jésus le droit de faire cette demande de renoncement total à ses futurs disciples


 

« tu es le Christ »


 

Identité qui donne envie à celui qui la découvre de répondre à son appel, non pas par intérêt mais par conviction profonde.


 

Qu'il en soit ainsi !

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