Overblog
Edit post Follow this blog Administration + Create my blog
simone-over-blog Vivre la foi chrétienne au quotidien ici et ailleurs: réflexions , réactions et méditations en chemin.

L'idéal féminin de Jésus

Simone
elle a aidé Jésus à mieux comprendre la justice parce-qu'elle a insisté sur le fait que la vie des syro-phéniciennes compte!

elle a aidé Jésus à mieux comprendre la justice parce-qu'elle a insisté sur le fait que la vie des syro-phéniciennes compte!

Marc 7: 24-30

 

Le 15 octobre 2020, la Virginie,


 

( la confirmation de la très catholique Amy Barret mère de 7 enfants.. .dont deux noirs adoptés de Haïti... à la cour suprême des États Unis va bon train.. .c’était gagné d’avance, de toutes façons...politique obligemais où la maternité prolifique de la candidate, est à l’honneur et est vantée tout particulièrement par les hommes, contrairement à Jésus dont ils se revendiquent et qui n’a jamais exprimé son admiration pour les qualités maternelles des femmes qu’il a rencontrées, les jugeant uniquement avec les mêmes critères que les hommes et qui ni leur a pas parlé non plus de leur devoir de procréation ni ne leur a enseigné à être soumise ou passive)


 

Jésus et les femmes..


 

Jésus, étant parti de là, s'en alla dans le territoire de Tyr et de Sidon. Il entra dans une maison, désirant que personne ne le sût; mais il ne put rester caché.

Car une femme, dont la fille était possédée d'un esprit impur, entendit parler de lui, et vint se jeter à ses pieds.

Cette femme était grecque, syro-phénicienne d'origine. Elle le pria de chasser le démon hors de sa fille. Jésus lui dit:

Laisse d'abord les enfants se rassasier; car il n'est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits chiens.

 Oui, Seigneur, lui répondit-elle, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des enfants.

Alors il lui dit: à cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille.

Et, quand elle rentra dans sa maison, elle trouva l'enfant couchée sur le lit, le démon étant sorti.


 

On en arrive maintenant à un épisode dans l’histoire de Jésus qui nous met tous mal à l’aise ( y compris moi a priori), l’histoire de la rencontre de Jésus avec la femme syro-phénicienne...Je dois avouer que cette fois-ci, j’ai consulté de nombreux commentaires avant d’étudier plus à fond ce passage car je voulais savoir comment les autres s’en étaient sortis…

 

Alors vive la traduction et la linguistique ! Beaucoup se sont concentrés sur le mot « chien » (en grec, bien entendu) en disant que le mot voulait dire « petit chien ou chiot »ce qui pouvait être interprété comme ayant une valeur adoucissante puisque le mot utilisé était un diminutif . D’autres par contre étaient sceptiques quant à cette interprétation de ce mot...un chien petit ou grand, n'en reste pas moins un terme déshumanisant...

 

Certains ont dit que cet épisode montrait comment Jésus avec cette rencontre « découvre » son appel envers les païens et que c’est l’occasion pour lui de remettre en cause ses propres préjugés qui faisait de lui un homme comme les autres..(alors comme on vient juste de célébrer le 12 octobre, fête de la « découverte » de l’Amérique, le mot découvrir me fait toujours un peu sourire tant il exprime un point de vue, comme si l’Amérique n’existait pas auparavant)

 

D’autres affirment que la divinité de Jésus fait que l’épisode tout entier était « prédestiné » à savoir que Jésus est allé dans cette maison, dans cette région particulière car il savait que cette femme allait venir lui demander de chasser le démon de sa fille et qu’il voulait montrer aux disciples que sa mission s’étendait aussi aux non juifs…

 

Un Jésus raciste ?


 

Jésus, étant parti de là, s'en alla dans le territoire de Tyr et de Sidon. Il entra dans une maison, désirant que personne ne le sût; mais il ne put rester caché.

Car une femme, dont la fille était possédée d'un esprit impur, entendit parler de lui, et vint se jeter à ses pieds.


 

La scène en elle-même n’a rien d’étrange ( on parle de péricope en langage biblique) car l’auteur a déjà mentionné d’autres occasions où Jésus va dans une maison pour essayer d’échapper à la foule mais la précision du lieu où il se trouvait est intentionnelle même si l’auteur ne nous explique pas pourquoi Jésus se trouvait là. Il annonce aux auditeurs qu’il ne se trouvait pas en territoire juif...ou pour essayer de le mettre dans notre contexte contemporain, on dirait qu’il était dans un quartier arabe et/ ou musulman, les deux ne se superposant pas automatiquement comment on a tendance à le croire...(sauf que le rapport des forces n’étant pas le même aujourd’hui, on ne sait pas qui représente le groupe minoritaire, les juifs ou les arabes...ce qui fait que les comparaisons historiques ne sont jamais tout à fait légitimes)


 

Qu’on vienne déranger Jésus au milieu d’un repas (le texte ne le dit pas mais la conversation qui suit semble le suggérer) n’est pas non plus étonnant et apparaît tout à fait conforme à d’autres épisodes. Ce qui est notable cependant c’est que l’auteur insiste sur l’identité ethnique et donc l’appartenance religieuse qui y ait attaché, de la femme qui vient voir Jésus : elle n’est même pas une samaritaine qui au moins aurait des origines communes avec les juifs, il s’agit d’une appartenance à un peuple païen avec tout ce que cela pouvait représenter pour un juif religieux de rejet, de préjugés et de mépris.


 

 Cette femme était grecque, syro-phénicienne d'origine. 


 

On peut donc dire que le fait que cet épisode soit inclus dans le récit de Mark n’est pas du tout gratuit : on est en plein dans un monde qui représente l’altérité totale et une altérité qui n’est pas neutre mais au contraire ignominieuse. Confronté avec cette réalité il va falloir lire le texte jusqu’au bout pour se rendre compte comment le but du récit n’est pas du tout d’entériner les préjugés raciaux et religieux de l’époque mais au contraire de les défier…


 

Historiquement parlant, la teneur de la conversation entre Jésus et la femme étrangère apparaît authentique et reflète bien le type de relations qu’ils entretenaient . Cependant, en répondant à sa demande en citant un proverbe ou une sorte de dicton, Jésus prend ses distances avec ce qu’il dit : il ne fait pas une déclaration sur son infériorité il souligne que sa demande est étonnante, étant donné le mépris que les juifs ont des gens de sa race... en d’autres termes, c’est comme s’il lui disait « comment se fait- il que tu me demandes à moi une faveur, sachant que pour nous les juifs tu n’es qu’un petit chien à peine digne d’être sous la table, pour quoi croirais-tu que moi je serai différent des autres ?» (certainement, elle avait entendu les juifs utiliser ce genre de terminologie envers eux, ce qui n’enlève pas le caractère désobligeant du vocabulaire de Jésus)

 

D’une certaine manière, c’est le même type de réaction que celui de la Samaritaine quand Jésus lui demande à boire, elle lui rappelle que ce n’est pas normal que Jésus lui fasse cette demande, étant donné les conventions sociales (plutôt les préjugés) de l’époque…

 

La femme samaritaine lui dit: Comment toi, qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine? -Les Juifs, en effet, n'ont pas de relations avec les Samaritains. -

 

(Alors évidemment, ici les rôles sont renversés car c’est Jésus qui demandait de l’aide à la femme et non pas le contraire, c’est donc elle qui pouvait lui tenir la dragée haute… mais elle lui rappelle clairement qu’elle est considérée comme ayant un statut inférieur.)


 

Une femme syro-phénicienne impertinente ?


 

Mais la femme ne se laisse pas démonter par ce rappel, elle ne se laisse pas se faire remettre à sa place ( contrairement à l’autre femme qui avait des pertes de sang et que l’on a rencontré plus tôt dans le récit de Marc et qui touche le manteau de Jésus pour être guérie et devient toute tremblante quand Jésus l’interroge) sa réplique est impertinente, insolente presque, elle répond à Jésus du tac au tac.


 

Oui, Seigneur, lui répondit-elle, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des enfants.


 

Et c’est ici que l’on voit une femme devenir le héros ( la héroïne) de l’histoire comme il n’y en a pas beaucoup dans les évangiles car elle a l’audace de répondre à Jésus : elle ne baisse pas les yeux, elle ne reste pas silencieuse, elle est tout sauf une femme soumise, passive, qui accepte son statut d’infériorité, telle qu’on la décrit encore aujourd’hui dans les magazines chrétiens ( on nous a dit que l’Amy Barret en question, en plus d’être belle, intelligente, bien élevée, mère qui n’élève jamais la voix était de plus soumise à son mari...) et que pendant des siècles on a donné en exemple aux femmes chrétiennes...


 

On a raison d’en faire une héroïne, et je me demande pourquoi c’est seulement maintenant qu’on reconnaît sa valeur et qu’on veuille en faire une icône, un modèle en allant jusqu’à dire que c’est elle qui a enseigné a Jésus à ne pas avoir de préjugés ( ça va un peu trop loin) , plutôt que de nous donner comme exemple à imiter, une Vierge Marie à l’eau de rose, qui s’est soumise à la volonté de Dieu oui, mais à la volonté d’un homme, non ! (Elle n’a même pas eu besoin de se soumettre à la volonté d’un homme pour être enceinte...bon je pousse un peu trop le bouchon).


 

Mais c’est là que Jésus nous surprend : Jésus est admiratif ou on peut dire qu’il reste bouche bée, et en tout cas ne lui reproche pas son audace, il ne la remet pas à sa place au contraire, il lui concède sur le champ sa requête, ce qui est certainement un acte d’approbation plus parlant que quelque déclaration sur l’égalité que ce soit.

 

Alors il lui dit: à cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille.


 

L’audace, chez les femmes n’est pas un péché comme on nous le fait croire. Avec Jésus , elle devient vertu  !


 

En tant que femme, c’est cela que je vais retenir de cet épisode, non pas le choix du vocabulaire désobligeant de l époque que Jésus utilise pour s’adresser à elle, non pas ce que ça nous dit de son humanité ou de sa divinité, mais sa réaction à la réplique qu’elle fait qui met un sceau d’approbation à un type de femme qui n’a pas froid aux yeux et ne s’en laisse pas conter. Et je la retiens d’autant plus qu’elle est contraire, encore aujourd’hui au modèle de la femme parfaite et donc passive, mise en valeur dans bien des milieux chrétiens…


 

Étonnant que Jésus ait réagi de cette manière après avoir été corrigé et défié par une femme, étonnant aussi que l’épisode ait été rapporté dans cet évangile qui suit la vie d’un Jésus entouré d’hommes qui ont regardé la scène, étonnant Esprit Saint qui (je le crois) a présidé à la rédaction de cet évangile !


 


 


 


 


 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

To be informed of the latest articles, subscribe:

Comments