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simone-over-blog Vivre la foi chrétienne au quotidien ici et ailleurs: réflexions , réactions et méditations en chemin.

Donnez leur vous-mêmes à manger

Simone
Pain fait avant hier et pesque fini

Pain fait avant hier et pesque fini

Le 22 / 25 août, 2020

 

Marc 6: 29-39


(Ça me fait du bien de retrouver le texte biblique et le récit de Marc sur Jésus : c'est comme retrouver une stabilité, un socle ferme sur lequel s'appuyer après une semaine passée à essayer de déchiffrer la signification de ce spectacle qu'a été la nomination officielle du candidat démocrate à la présidentielle sur les écrans de télé et autres...quand on a à ses côtés une journaliste, on ne peut pas ignorer ni laisser passer  un tel événement sans échanger des impressions et faire des commentaires... et comme c'était le soir,  les petits étaient endormis)

 


Les disciples de Jean, ayant appris cela, vinrent prendre son corps, et le mirent dans un sépulcre.

 Les apôtres, s'étant rassemblés auprès de Jésus, lui racontèrent tout ce qu'ils avaient fait et tout ce qu'ils avaient enseigné.

 Jésus leur dit: Venez à l'écart dans un lieu désert, et reposez-vous un peu. Car il y avait beaucoup d'allants et de venants, et ils n'avaient même pas le temps de manger.

Beaucoup de gens les virent s'en aller et les reconnurent, et de toutes les villes on accourut à pied et on les devança au lieu où ils se rendaient.

Quand il sortit de la barque, Jésus vit une grande foule, et fut ému de compassion pour eux, parce qu'ils étaient comme des brebis qui n'ont point de berger; et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses.

Comme l'heure était déjà avancée, ses disciples s'approchèrent de lui, et dirent: Ce lieu est désert, et l'heure est déjà avancée;

renvoie-les, afin qu'ils aillent dans les campagnes et dans les villages des environs, pour s'acheter de quoi manger.

Jésus leur répondit: Donnez-leur vous-mêmes à manger. Mais ils lui dirent: Irions-nous acheter des pains pour deux cents deniers, et leur donnerions-nous à manger?

Et il leur dit: Combien avez-vous de pains? Allez voir. Ils s'en assurèrent, et répondirent: Cinq, et deux poissons.
 
Alors il leur commanda de les faire tous asseoir par groupes sur l'herbe verte,

 


Jean Baptiste: épilogue


J'ai voulu reprendre la dernière phrase du récit de la mort de Jean Baptiste pour commencer.

 

Les disciples de Jean, ayant appris cela, vinrent prendre son corps, et le mirent dans un sépulcre.

 

Une phrase très simple et très sobre qui en dit beaucoup comme épilogue au destin tragique de ce prophète. Pas d'expression d'émotions mais la mention que ses disciples aient pu s'acquitter envers lui de ce devoir si important  que celui de lui offrir une sépulture, est comme un hommage posthume au prophète bien aimé, un moyen de rendre sa dignité perdue à son corps mutilé... Ce geste me touche profondément...car il me rappelle  ... ces nombreux disparus torturés et assassinés dont on cherche le corps dans les morgues pour pouvoir au moins les ensevelir...comme si ensevelir un corps, le mettre dans un sépulcre, c'était une manière de le réhabiliter, de le restaurer, de réparer en quelque sorte l'opprobre qu' il a subi..

 

Il y a eu une époque où j'aurais considéré ces attitudes un peu futiles car finalement si quelqu'un est mort, peu importe ce que devient son corps, lui, il n'est plus là...mais quand la mort est violente, le résultat d'une agression assassine...il y a comme un besoin de panser ses blessures de compenser pour cette haine dont il a été l'objet.... même après... condition nécessaire pour que l'âme puisse reposer en paix?  ( on raconte tellement de choses là-dessus encore aujourd' hui... ) En tout cas, je me souviens avec quel amour cette femme, (une amie) a fait la toilette funéraire de son mari qui avait été victime d'un attentat et dont le corps avait été criblé de balles...C'était tout ce qui lui restait de lui...ce corps mort après un coma prolongé...elle voulait lui donner cette dernière preuve d'amour...

 


Une mission inattendue


Une fois clos le chapitre de Jean Baptiste, on retourne en arrière dans le texte et on se souvient que Jésus avait envoyé les disciples en mission.  Maintenant, ils reviennent et lui font un compte rendu : on a l'impression d' assister à une vraie séance de debriefing et on continue à se demander pourquoi l'histoire de la mort de Jean Baptiste est venue interrompre le récit de cet envoi en mission qui d'autre part se déroule d'une façon cohérente...

 

Les apôtres, s'étant rassemblés auprès de Jésus, lui racontèrent tout ce qu'ils avaient fait et tout ce qu'ils avaient enseigné.

Jésus leur dit: Venez à l'écart dans un lieu désert, et reposez-vous un peu. Car il y avait beaucoup d'allants et de venants, et ils n'avaient même pas le temps de manger.

Beaucoup de gens les virent s'en aller et les reconnurent, et de toutes les villes on accourut à pied et on les devança au lieu où ils se rendaient.

Quand il sortit de la barque, Jésus vit une grande foule, et fut ému de compassion pour eux, parce qu'ils étaient comme des brebis qui n'ont point de berger; et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses.

 

 (je ne sais pas pourquoi mais cette foule qui poursuit inlassablement Jésus et les disciples évoque pour moi des images  de fans qui assaillent les artistes à la sortie des salles de concert .... et qui finissent pas être repoussés par un service d'ordre costaud pour permettre à l'idole de s'engouffrer dans une grosse voiture aux vitres fumées... avec Jésus on a un tout autre scénario ...c'est lui qui protège les disciples)

 

Ce passage commence par montrer un Jésus étonnement attentif aux besoins de ses disciples en reconnaissant leur fatigue mais en même temps, tout de suite après, sa compassion pour la foule  qui les suit, établit clairement une priorité entre les uns et les autres.  Jésus laisse de côté les besoins de ses disciples, et les siens pour répondre à l'appel de ceux qui les poursuivent.  Il ne perd pas de vue qui il est et ce qu' il est venu faire:  annoncer  la bonne nouvelle à ceux qui sont désemparés, lui le bien aimé fils de Dieu qui a été consacré à son baptême.  Alors comment pourrait-il ne pas répondre à l'attente de cette foule égarée en quête de berger ? Et ce faisant, il enseigne aux disciples le prix du service, la nécessité de mettre les besoins des autres avant les leurs.


Les disciples  pour autant  résistent à cette attitude de Jésus qui  envahi par la compassion semble  ne pas voir le temps passer. Ce sont donc eux qui le rappellent à l'ordre et lui demandent  de renvoyer la foule.

 

Comme l'heure était déjà avancée, ses disciples s'approchèrent de lui, et dirent: Ce lieu est désert, et l'heure est déjà avancée;

renvoie-les, afin qu'ils aillent dans les campagnes et dans les villages des environs, pour s'acheter de quoi manger.

Jésus leur répondit: Donnez-leur vous-mêmes à manger. Mais ils lui dirent: Irions-nous acheter des pains pour deux cents deniers, et leur donnerions-nous à manger?

 


"Donnez leur vous-mêmes  à manger"


L'ordre de Jésus est simple et direct à la suggestion des disciples : ils ont faim, donc donnez leur à manger, comme si c'était  une évidence, comme si c'était leur responsabilité de les nourrir au lieu de les renvoyer,  comme si aussi Jésus ne se rendait pas compte de l'énormité de la tâche, et de l'impossibilité de l'accomplir ...Les disciples  n'hésitent pas d'ailleurs à le lui faire remarquer en donnant le chiffre énorme de deux cent deniers pour lui donner une idée de ce que coûterait d'acheter suffisamment de pain pour tout le monde... c'est alors que Jésus décide de prendre la situation en main.

 

Et il leur dit: Combien avez-vous de pains? Allez voir. Ils s'en assurèrent, et répondirent: Cinq, et deux poissons.
 
Alors il leur commanda de les faire tous asseoir par groupes sur l'herbe verte,

 


Le problème, c'est que le titre donné au passage qui suit  "le miracle de la multiplication des pains" (qui ne se retrouve à aucun moment dans le texte mais que l'on trouve souvent dans les bibles) fausse notre lecture car il donne l'impression que le miracle est central et que la nécessité du moment est secondaire, ou autrement dit que les circonstances sont un prétexte pour que le miracle arrive... et à cause de cela nous empêche de voir  l'épisode dans le contexte naturel dans lequel il s'est déroulé au lieu d' une scène hollywoodienne où les scénaristes auraient écrit un script pour montrer expressément le pouvoir de Jésus:...


Oui le miracle est important et réel  mais il vient APRÉS, il ne précède pas l'initiative que Jésus demande à ses disciples de prendre, il ne fait pas fi des moyens si inadéquats soient-ils qu'ils ont sous la main. Jésus s'attend à ce que ses disciples agissent et donner à manger fait aussi partie de leur mission...

 

Je dois avouer, que moi aussi avant de relire ce passage attentivement, j'étais tellement aveuglée par le miracle  que je n'avais pas noté cette demande de Jésus auprès des disciples et "cette multiplication de pain"  me gênait (presque plus que les guérisons qui elles me semblent si naturelles ou compréhensibles)  car un tel titre avait l'air d' annoncer un tour de magie....où l'on verrait apparaître comme dans les films grâce à un gros plan sur les mains de Jésus  (l'acteur) et le trucage des cameras des paniers se multiplier  par dizaines ou centaines sous nos yeux ébahis....

 

Or, prendre le soin de lire le texte en oubliant les titres artificiels convoie un message simple, celui du devoir d'agir et de se laisser guider par la compassion,:  si les gens ont faim donnez leur à manger, s'ils ont soif donnez leur à boire, s'ils sont malades guérissez-les, moi je ferai le miracle nécessaire après...


C'est rassurant de voir un Jésus qui trouve tout naturel de donner à manger à ceux qui ont faim sans en faire toute une histoire...

(Quand c'est nous qui avons faim)

Mais c' est aussi dérangeant de savoir que c'est ce qu' il attend de nous...

(Quand ce sont les autres qui ont faim)

 

 

P.S  Alors évidemment dans la suite de récit, l'évangéliste nous donnera des chiffres impressionnants de la foule et du nombre de paniers remplis de pains qui restent après que tout le monde ait mangé, et donc met bien l'accent sur le miracle montrant que lui l'observateur ou le rapporteur de ce que fait Jesus  est dûment impressionné... mais Jésus lui-même dans le récit ne montre aucun signe de faire "ce miracle" pour impressionner la galerie et prouver quoi que ce soit sur son identité...son but est de nourrir une foule affamée...voilà tout!

 

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