Overblog
Edit post Follow this blog Administration + Create my blog
simone-over-blog Vivre la foi chrétienne au quotidien ici et ailleurs: réflexions , réactions et méditations en chemin.

De la confiture de "crab apples" , de Tonis Morrison, de Gabriel Garcia Marquez et des autres..

Simone
Des " crab apples" ou pommes sauvages?

Des " crab apples" ou pommes sauvages?

Mardi 19 août 2019

Il fait toujours aussi chaud et humide mais après tout on est au mois d' Août.

 

 Il y a plein de crab apples ...( je n'arrive pas a trouver une traduction satisfaisante en français...pommettes, pommes sauvages, je vais donc en prendre une photo), des petites pommes rouges qui pourraient être très decoratrives sauf que comme elles pourrissent...on ne peut pas les garder, mais pour en faire des conserves ou de la confiture, en plus d'avoir un goût un peu amer, les peler ou même enlever les pépins seraient un travail titanesque...

J'ai quand même découvert qu'on pouvait en faire des confitures ou ce qu' on appelle ici "apple butter" en n'étant pas obligé ni de les peler ni d'en enlever les pépins... on les coupe en deux, on les fait cuire et on les écrase dans une passoire pour récupérer la pulpe sans les pépins et la peau...(Cette étape là est la plus longue et la plus contraignante) et puis comme toutes les autres confitures ou marmelade on ajoute du sucre et on les fait cuire jusqu'à ce que ça épaississe...plusieurs heures...

C'est étonnant comme ça réduit et comme tout un une marmite pleine, ne donne finalement que deux petits pots de marmelade...Mais c'est bon quand même pour moi qui aime le goût un peu amer surtout si on ajoute de la cannelle et des clous de girofle ...Je m'en sers quand je fais des tartes aux pommes...
( Il y a certainement une leçon spirituelle ou philosophique que l' on pourrait tirer de là...mais à vrai dire, s' il y en au une elle m'échappe totalement...)


A part ça, beaucoup de lectures ...

A l'occasion du décès de l'écrivaine Tonis Morrison, j'ai lu (ou plutôt relu car vers la fin je me suis rendue compte que je l'avais déjà lu mais évidemment, on trouve toujours du plaisir à relire un roman bien écrit...) son livre " God help the child..."  où elle nous fait entrer dans le milieu afro-américain, qui pour moi est presque totalement étranger...et ce qu' il y a de magique dans les bons romans, ceux qui sont bien écrits, c'est qu' ils nous font entrer dans un monde inconnu et le rendent palpable, compréhensible....beaucoup plus que n'importe quelle étude anthropologique ou analyse que l' on puisse lire sur ce milieu particulier .... et pour une question aussi délicate et aussi polémique que la question d'être noir aux États Unis...

On est invité en tant que lecteur à regarder et encore plus à pénétrer dans l'univers secret d'un autre que soi, de son vécu dans toute sa complexité  et où la réalité du racisme combiné avec la pauvreté et de tous leurs effets pervers ne sont pas des thèses désincarnées  mais une respiration qui imprime son rythme à chaque page sinon à chaque phrase....Évidemment, les personnages ne sont ni limités ni réduits au milieu culturel dans lequel ils vivent mais il rehausse leur sens. les rendent plausibles et lisibles...

 

Pourtant il m'est arrivé de lire des romans venus d'un ailleurs culturel qui m'était tellement étranger que quoique je puisse en comprendre les mots, je ne pouvais l'imaginer...jusqu'à ce que je vive dans ce milieu et alors tout m'a semblé limpide et évident ...C'est ce qui s'est passé pour les romans de Gabriel Garcia Marqués...

Je me souviens d'avoir lu l'un de ces romans la première année que je suis arrivée en Colombie (ça devait être le roman "el corononel no tiene quien le escriba ...) et ne pas y avoir compris grand chose mais qu'au fur et a mesure d' y avoir vécu, les histoires qu' il y racontaient me semblaient de plus en plus réalistes et de moins en moins magiques (n'en déplaise à tous ceux qui avaient mis ses oeuvres dans la catégorie du "réalisme magique") ... tant ce qu'il décrivait rendait compte fidèlement de la réalité colombienne...

Le danger quand on lit un roman qui vient d'un monde qui nous est étranger surtout quand il est traduit, c'est qu' on y trouve ce qui n'y est pas et qu' on rate ce qui y est...Les mots et les symbolismes qu'il suscite renvoient à des images qui sont les nôtres et nous empêchent d' y voir un autre sens que celui dicté par notre interprétation et notre expérience 

( d'ailleurs pour en revenir à Gabriel Gacia Martinez qui avait un grand sens de l' humour, il s'amusait de toutes les thèses qui avaient été écrites sur son fameux livre " Cien anos de soledad" et il se demandait où ils avaient bien pu trouver cela dans ce qu'il avait écrit...tellement c'était éloigné du texte)

Mais malgré le fait que oui, c'est vrai, le lecteur a le droit d' interpréter le sens d'un roman comme bon lui semble...on ne peut quand même pas dire n'importe quoi ....(La preuve même Umberto Eco un des théoriciens sur la question du lecteur pour préciser sa pensée, après avoir théorisé sur son importance a écrit un livre intitulé " les limites de l'interprétation" pour remettre les pendules à l'heure à ce sujet..)

Pour qu' il y ait communication il faut qu'il y ait un minimum de références communes entre écrivain et lecteur (ce que le traducteur permet d'établir quand c'est une langue étrangère, non sans travail..)...sinon on a des messages parallèles qui sont échangés mais qui ne se croisent ni ne se rencontrent ...faute d'avoir été déchiffrés avec un même code...

Et on en vient à l'interprétation des textes sacrés qui eux posent des problèmes encore plus complexes car c'est le sens qui prévaut et pas l'histoire...alors déchiffrer le sens derrière l'histoire...ça, se prête à des multiples interprétations....

 

Heureusement! Heureusement!

Que Jésus un beau jour a dit :

  "Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants"

Alors, pas de quoi se prendre la tête sur les théories littéraires du lecteur, de l'interprétation ou même de la déconstruction...

l'Évangile finalement c'est simple...

(si on a le coeur ouvert, comme les enfants)

Pour une fois, au moins

Les élites n'ont pas l'avantage...

 

P.S On a eu le droit à un sacré orage... c'est à la fois beau et impressionnant un orage...

To be informed of the latest articles, subscribe:

Comments