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simone-over-blog Vivre la foi chrétienne au quotidien ici et ailleurs: réflexions , réactions et méditations en chemin.

Ode à la solidarité féminine: Marie et Élizabeth

Simone

Le 11 décembre…Noël approche

En vrac

La température continue à être au-dessous de zéro…avoir du bois à brûler est un vrai privilège et je pèse bien mes mots…

mais comment le partager si je n’ai pas de contact direct avec ceux qui n’en ont pas …qui quand on est dans la campagne, ne déambulent pas devant notre porte…ou sous notre fenêtre…

(on rêve toujours de pouvoir donner de la main à la main, car ça  fait chaud au cœur.. mais donner à d’autres pour qu’ils donnent ce n’est pas aussi satisfaisant…d’où toute la pub qui coûte des millions des grosses ONG où l’on peut voir en 3 D des gens qui donnent grâce à vos dons, nous dit une voix off… Comme il est difficile de mettre en pratique l’enseignement de Jésus à ce sujet : que votre main droite ignore ce que votre main gauche donne…ou le vice versa, je ne me souviens plus !)

Les gilets jaunes et le Brexit continuent à occuper les Unes des journaux (et moi je continue, à écouter les réflexions des uns et des autres sur les gilets jaunes pour comprendre ce qui se passe en France …constatation : c’est fou comme la moutarde peut nous monter rapidement au nez quand il s’agit de politique…et je m’inclus dans le nombre !) En tout cas, je souhaite que les actes de violence puissent être enrayés…la violence est une vraie drogue qui nous fait entrer dans un cycle infernal , car on peut passer tellement facilement du statut de victime à celui de bourreau...dans le feu de la lutte !

Les lectures

Déprimant de lire des articles qui dénoncent les violations des droits humains ici et ailleurs…

Par contre…. lire les articles humoristiques, ça remonte le moral…en particulier ceux d’un certain colombien Samper Pizano qui dans un de ses derniers ouvrages sur l’histoire humaine nous régale de ses réflexions cyniques et désabusées sur le sujet tellement sérieux et scientifique de l’origine du monde…et au passage délivre des vérités bien assénées…

(En se  moquant de la surenchère du nombre d’années lumières pour dater l’univers, et en la comparant aux coûts des bons plans offerts par des agences de voyage où le prix passe du simple au double si on ajoute tout ce qui n’est pas compris… il démontre la futilité de certaines théories scientifiques avant de conclure d’une manière laconique, finalement on n’était pas là, alors on ne sait pas... Évidemment, il faut le lire en espagnol, et l’humour ça ne se raconte pas surtout quand c’est dans une autre langue).

L’Avent : une histoire de femmes

Autant retourner aux textes bibliques de l’Avent pour découvrir que l’Avent, comme l’a dit le prêtre (pardon je crois qu’on dit canon ) brésilien de l’église épiscopale à Washington où on était dimanche dernier…et bien c’est une histoire de femmes…et de femmes qui tombent enceintes ( et l’une d’entre elles sans l’aide d’un homme…en plus !)

C’est dommage que tant de doutes soient émis par certains exégètes sur la véracité, l’authenticité ou l’historicité de ce chapitre  (certainement à cause du coup de la virginité de Marie que beaucoup ont du mal à digérer) où Luc nous raconte avec des détails qui n’existent dans aucun autre autre texte des évangiles, l’histoire entre autre, de la rencontre d’Élisabeth et de Marie ces deux femmes dont les grossesses sont tellement hors normes, qu’elles ne peuvent qu’en parler entre elles…

Cette scène entre deux femmes est étonnante car elle est unique… à part la scène entre Marie et Martha qui se chamaillent et encore devant témoins, les évangiles ( rédigés par des hommes nous feraient remarquer les théologiennes féministes) ne nous montrent pas d’autres récits où seules les femmes sont en scène.(quelques mots le jour de la résurrection.. mais bien entendu la résurrection aussi comme c’est difficile à avaler.. c’est suspect)

Parions donc sur son authenticité et on peut en tout cas comprendre  leur joie à ces deux femmes heureuses l’une comme l’autre de pouvoir se réjouir en toute liberté de leurs grossesses encore tenues secrètes parce que suspectes, l’une jeune et seulement fiancée et l’autre mariée mais ayant passé l’âge de concevoir …objets toutes les deux d’une grâce étonnante, réunies dans cette solidarité et complicité féminine particulière qu’est celle de porter un enfant dans son corps, expérience dont  les hommes sont totalement exclus…

 À part ces moments retenus dans la liturgie où elles laissent éclater leur joie et que les mots pour le dire viennent de textes bibliques, le reste du passage est très sobre, le seul détail qui nous est donné situe l’événement dans l’espace et le temps :

« Dans ce même temps, Marie se leva, et s'en alla en hâte vers les montagnes, dans une ville de Juda. Elle entra dans la maison de Zacharie, et salua Élisabeth » 

Et puis nous dit-on

 « Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois. Puis elle retourna chez elle »

Trois mois dans une grossesse, c’est pas rien, trois mois le temps d’être sûr qu’il n’y aura pas de fausse couche et que l’enfant a toutes les chances d’arriver à terme…sans échographie ces trois premiers mois en tout cas pour Marie sont encore des temps d’incertitude où on en est encore à l’épreuve de la foi…Mais trois mois  aussi de solidarité, complicité et entraide de ces deux femmes silencieuses liées par leur secret…

Le reste semble dire que ce n’est qu’après l’accouchement d’Élisabeth que ses voisins et parents apprirent qu’elle avait été enceinte…c’est à ce moment-là seulement qu’ils ont su et cru…

Le temps où Élisabeth devait accoucher arriva, et elle enfanta un fils. Ses voisins et ses parents apprirent que le Seigneur avait fait éclater envers elle sa miséricorde, et ils se réjouirent avec elle.

(Quand on lit les apocryphes qui nous racontent des histoires tellement enjolivées de la naissance et enfance de Marie et de cette rencontre en particulier…on apprécie la sobriété du texte canonique… car ils s’en sont vraiment donnés à cœur joie…C’est peut-être l’expansion de ces textes  là qui nous fait douter de l’authenticité des autres…une contamination étrangement postérieure à la rédaction des textes canoniques…comme si l’origine du texte canonique aurait été dans les textes apocryphes qui pourtant eux ont été écrits après)

Catholiques et orthodoxes lui réservent une fête…une fête qui est bienvenue et qui redonne sa place à la femme…même si cette fête est devenue une enluminure, une idéalisation telle de la femme que bien souvent elle n’a pas profité aux femmes concrètes, en chair et en os auxquelles dans la vie d’église on réserve une place subalterne…

(l’idéalisation créée à partir de l’impossibilité (sauf pour l’intervention divine)  d’une maternité virginale  a été malheureusement un poids pour la femme chrétienne plutôt qu’une délivrance.. une occasion trop souvent de faire oublier, que lui Jésus avait maintes fois reconnu à la femme une valeur en dehors de ces paramètres de vierge et de mère  si chères aux sociétés patriarcales (aucun éloge particulier de Jésus ni de la virginité ni de la maternité))

Élizabeth et Marie : Belle histoire d’amitié et de foi partagée entre deux femmes, d’âges différents, cousines certainement mais véritablement sœurs…

Amitié, complicité, solidarité féminines dans la foi qui font chaud au cœur,

De quoi célébrer…

 P.S pour une lecture en français de ces textes apocryphes

:https://livresmystiques.com/partieTEXTES/Apocryphes/protevan.html

P.S2  Le bois qui reste à couper...

 

 

 

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