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simone-over-blog Vivre la foi chrétienne au quotidien ici et ailleurs: réflexions , réactions et méditations en chemin.

De l'Avent et des grossesses qui tournent mal...

Simone

Le vendredi 14 décembre, on n’y est pas encore…

Retenir sa joie…

Comme l’Avent c’est une histoire de femme et d’enfantement.. me revient à l’esprit le souvenir de cette jeune fille de 17 ans à côté de moi dans son lit d’hôpital après la naissance de mon 3ème enfant…une naissance miraculeuse pour moi qui ne l’avait pas perdu après un accident suffisamment grave pour passer un mois à l’hôpital,  et avoir en prime brûlures et greffe de la peau…

Elle, était menue et semblait tellement jeune tellement vulnérable…mais au lieu de lui amener un enfant c’est une assistante sociale qui est venue lui rendre visite pour lui dire que son enfant avait été adopté par une bonne famille

Ça m’a fait un coup au cœur…

Elle m’a expliqué ce qui s’était passé … même si j’en ai oublié les détails : c’était à une fête de lycéens, elle avait bu ou on lui avait fait boire (je ne  sais plus exactement) et  après elle se souvenait vaguement qu’elle avait eu une relation sexuelle avec un jeune qu’elle ne connaissait pas …. et puis  la grossesse  s’en était suivie…mais même si elle n’a pas prononcé le mot,  maintenant que j’y pense, elle avait été vraiment la victime d’un viol …je doute cependant qu’elle ou la grand-mère ou tante qui l’élevait ait porté plainte ( encore une fois, je ne me souviens plus de tout ce qu’elle m’avait dit).. c’était il y a longtemps, et puis ça sert pas à grand-chose même encore aujourd’hui de porter plainte…comme on le voit tous les jours :.il n’y a pas beaucoup de progrès dans ce domaine-là  malgré tout ce que l’on peut dire et toutes les lois qu’on peut passer !

Ce dont je me souviens clairement  c’est qu’elle m’a dit que l’accouchement avait été très difficile et qu’elle avait crié tout le temps…Je ne crois pas qu’on l’ait laissé prendre l’enfant dans ses bras et je crois que c’est l’assistante sociale qui est venu lui dire que  c’était une fille .…

Quand on m’amenait mon enfant pour que le lui donne le sein, on tirait le rideau qui séparait les deux lits…comment aurais-pu me réjouir quand sur le lit d’à côté, était cette jeune fille désemparée qui avait dû renoncer au sien?

Dans un sens, heureusement mon séjour à l’hôpital a été court…mais je ne l’ai pas oubliée…

*   *   *

D’où la question : a-t-on le droit de se réjouir quand à côté de nous, les autres souffrent…comme quand on a survécu à un attentat et les autres pas…quand on a eu la vie sauve  mais pas les autres…

Si le sentiment de culpabilité des survivants de la Shoa  est bien connu pour les ravages qu’il a commis, à un niveau moins dramatique,  nos joies simples comme celle de pouvoir bien manger ou d’être en bonne santé ou d’avoir un toit au-dessus de sa tête, ou d’avoir un bon travail, sont-elles légitimes  quand on sait qu’elles ne sont pas celles d’une grand nombre de personnes sur cette planète?

C’est pourquoi, le « aime ton prochain comme toi-même » me semble tellement pertinent…on ne peut pas être triste pour toutes les personnes qui meurent de faim sur la planète,  mais pour celles  que l’on rencontre, celles que l’on connait, pour celles-là pour lesquelles on peut faire quelque chose.. .oui, c’est à notre portée

Ou encore,

 Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent; pleurez avec ceux qui pleurent. ..

Ne faites pas étalage de votre bonheur devant ceux qui souffrent et réjouissez-vous avec ceux qui sont heureux même si…vous n’êtes pas heureux vous-même…ça c’est difficile aussi…En fait le principe est simple...pensez aux autres avant de penser à vous-même…décentrez-vous !

(Il y a quelques jours je lisais en ligne une méditation où l’auteur parlait de la joie de l’enfance en décrivant son enfance qui avait pour le moins été idyllique.. ce qui m’a gêné car j’ai pensé à tous ces gens qui allaient lire et se sentir triste de ne pas avoir eu eux, une enfance aussi heureuse…c’est tout le problème d’écrire pour un interlocuteur que l’on ne connait pas ou pour une large audience …)

Et puis la question est que ces joies, ces bénédictions comme on les appelle, à juste titre, on ne doit pas les considérer comme méritoires comme un droit…comme le résultat d’une bonne conduite, même si nos actes ont des conséquences  (comme tomber malade après avoir pris une cuite par exemple), ce qui fait mal, c’est justement cette attitude de présenter ces joies comme « je le mérite » et de les jeter à la figure de l’autre…

On en revient toujours à cette humilité première, fondamentale…basiquequi remet tout à sa place…

Mais il y a aussi un autre niveau…

Celui de ceux qui peuvent être dans la joie quand tout va mal :

    Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que l'épreuve de votre foi produit la patience…

Mais bon, je n’en suis pas là…

*   *   *

Je ne sais pas ce qu’est devenue cette jeune fille de 17 ans et ce qu’est devenu son enfant…

Mais en ce temps de l’Avent,

De toutes ces jeunes de 17 ans (et de toutes les autres) dont les grossesses tournent mal

Et qui ne peuvent pas prendre leur enfant dans leur bras

Prends pitié…Seigneur !

 

 

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