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simone-over-blog Vivre la foi chrétienne au quotidien ici et ailleurs: réflexions , réactions et méditations en chemin.

Méditation hyséchaste: pour aller plus loin et attention. danger!

Simone

Et pour clore le mois de novembre... Ces extraits trouvés sur les pages du site: https://www.pagesorthodoxes.net/index.htm

Qu’est-ce que l’hésychia ?

"Je voudrais aborder d'une manière simple le thème de l'hésychia, la recherche de Dieu. Peut-être est-il important, pour commencer, de tenter de donner une traduction, une définition du mot hésychia. C'est un mot d'origine grecque que l'on pourrait traduire par " paix, silence ", peut-être aussi " tranquillité du coeur ". […] En tout cas, dans ce terme qui signifie paix, silence, repos, […] il ne s'agit pas d'un repos qui évoquerait le sommeil. Il n'est pas du tout question de sommeiller, dans la tradition hésychaste

L'hésychaste, celui qui cherche à vivre dans la paix du coeur, dans la quiétude, trouve son modèle dans l'attitude du Christ. lui qui, agressé, contesté, violenté, a pu passer au travers de cette foule sans rien dire, sans montrer aucune agressivité parce qu'il avait, évidemment à la perfection, un coeur rempli de paix. Seul son coeur silencieux, baigné d'hésychia, était la réponse à l'agressivité de l'entourage.

À partir de l'étude et de la méditation de la manière d'être du Christ pendant sa vie, les chrétiens, et surtout les premiers moines, ont cherché à acquérir cette hésychia, cette paix silencieuse, cette tranquillité du coeur.

L'hésychia ne peut pas être une méthode, au sens de technique, où nous risquons de la comprendre aujourd'hui, et qui est ambigu. L'homme d'aujourd'hui est comme per-du, il cherche - mais nous cherchons tous depuis que nous existons sur cette terre -,il cherche comment se retrouver lui-même. Il oublie que c'est en se tournant vers celui qui l'a fait, à savoir Dieu, son Créateur, qu'il pourra se retrouver lui-même. Mais il vit cette recherche dans une telle agitation, dans un tel désordre, qu'il cherche à expéri-menter n'importe quel moyen pour parvenir à se retrouver"

L’hesychia versus les spiritualités musulmanes, bouddhistes et hindouistes

"Notre information sur les origines de la méthode hésychaste comporte trop de lacunes pour qu’il soit possible de déterminer s’il existe des rapports d’influence entre elle et les spiritualités musulmanes, hindoues ou bouddhiques qui prônent également l’invocation du Nom divin jointe à une technique respiratoire. Une telle influence n’aurait en soi rien qui doive déconsidérer la méthode : les lois du psychisme humain sont universelles, et la grâce, loin de détruire la nature, en assume le dynamisme pro-fond tout en le transfigurant. Et surtout, la technique est soutenue ici par une doc-trine qui nous semble, chez ses meilleurs représentants, authentiquement biblique et chrétienne. Sans la foi aux dogmes de la création de l’univers spirituel et matériel, du salut par la grâce dans le Christ, de la résurrection corporelle, de la déification par les sacrements, l’enseignement que les " saints Pères neptiques " nous ont transmis sur la prière du coeur serait inintelligible. L’ultime fondement de la méthode demeure la confession du coryphée des Apôtres devant le Sanhédrin : Car il n’y a pas sous le ciel d’autre Nom donné aux hommes par lequel il nous faille être sauvés (Ac 4,12).

À une époque où beaucoup de chrétiens sont en quête d’une discipline totale de vie, y compris corporelle, favorable à leur équilibre et à leur épanouissement spirituels16 ", il n’est pas sans intérêt pour nous d’écouter les vieux moines qui ont su mettre au service de l’épanouissement de la grâce du Christ dans l’homme une sagesse humaine dont notre Occident a perdu le secret."

Sur l’anéantissement du moi dans la tradition hésychaste :

"Dans son ultime aboutissement, cette prière nous unit entièrement au Christ. Néanmoins l’hypostase humaine n’est pas anéantie, ne se dissout pas dans l’Être divin comme une goutte d’eau dans l’océan. La personne humaine est indestructible dans l’éternité. ( j’aime beaucoup cette remarque car elle constraste vraiment avec d’autres traditions qui ne sont pas chrétiennes) JE SUIS, Je suis [...] la vérité et la vie, Je suis la Lumière du monde (Jn 8, 58 ; 14, 6 ; 9, 5). L’Être, la Vérité, la Lumière ne sont pas des concepts abstraits, des essences impersonnelles, " QUOI ", mais " QUI ". Là où il n’y a pas de mode personnel de l’être, il n’y a pas non plus de vivant ; pas plus qu’il ne saurait y avoir là, ni bien ni mal, ni lumière ni ténèbres. Là, d’une manière générale, rien ne peut exister : Sans lui rien ne fut de ce qui existe. En lui était la vie (Jn 1, 3)"

 

Sur le phénomène de l’illumination pendant la prière 

Réflexions personnelles: Il y a dans l’hésychasme une conception qui m’était totalement étrangère et qui parle de la déification de l’homme, theosis un terme qui a priori me fait frémir, ou en tout cas me met très mal à l’aise : en voici ici l’exposé avec toutes les réserves (occidentales ?) que je peux avoir:

"Le but de la Prière de Jésus, comme de toute prière chrétienne, est que notre prière s'identifie de plus en plus à la prière offerte en nous, par Jésus le Grand Prêtre, que notre vie devienne une avec sa vie, et notre souffle s'unisse au Souffle Divin qui soutient l'univers. L'objectif final peut être valablement décrit par l'expression patristique de théosis, " déification " ou " divinisation Comme le dit l’archiprêtre Serge Boulgakov : " Le Nom de Jésus présent dans le coeur humain lui confère le pouvoir de déification ". [. . .] La Prière de Jésus, adressée au Logos incarné, est un moyen de réaliser en nous le mystère de la théosis, par lequel l'homme parvient à la vraie ressemblance avec Dieu.

Dans la tradition hésychaste, le mystère de la théosis a le plus souvent pris la forme extérieure d'une vision de lumière. Cette lumière que les saints perçoivent dans la prière n'est ni la lumière symbolique de l'intellect, ni une lumière des sens, corporelle et créée. Ce n'est rien moins que la lumière divine et incréée de la Divinité qui rayonna du Christ lors de sa Transfiguration sur le mont Thabor et qui illuminera le monde entier à sa seconde venue au dernier jour"

Attention danger !!!

Les pères de cette pratique, ont sérieusement mis en garde contre les dérives possibles d’une recherche de ce phénomène d’illumination qui n’est pas sans danger même dans le cadre d’une pratique chrétienne.

(Étonnement j’ai trouvé cette mise en garde très bien expliquée dans le passage cité dessous dans un article universitaire de sémiotique sur ces phénomènes d’illumination  que l’auteur appelle photophanie : http://epublications.unilim.fr/revues/as/5417)

Ce phénomène (l'illumination) est loin d’être systématique, qu’il n’est que (mythiquement) probable.  Car Dieu n’agit pas pour le croyant « sur commande » — sinon il s’agirait d’une forme d’idolâtrie, de superstition ou de magie, […] Au contraire, ce que les orthodoxes considèrent comme une « grâce » accordée à l’orant (par Dieu comme Destinateur .  .   . dans ce cas) se produit soudainement, imprévisiblement et indépendamment de sa volonté, c’est-à-dire sans qu’il puisse s’y attendre, mais surtout aléatoirement, étant donné que seuls quelques uns bénéficient, arbitrairement semble-t-il, de ce miracle

De plus, leur méfiance vis-à-vis du surnaturel tient également au fait qu’une photophanie (Illumination) peut avoir encore une troisième origine : outre une « authentique » théophanie, outre un simple mirage autosuggéré, elle peut, ce qui est infiniment plus risqué d’un point de vue religieux, être le fait de « l’ennemi », de l’Anti-Destinateur, du « démon », auquel (faut-il le rappeler ?) l’orthodoxie croit. Car, pour mieux tromper et semer le trouble, principale activité que la théologie lui attribue, le « malin » est prompt à se parer des atours de la divinité.  C’est d’ailleurs ce que confirme l’écriture, sous la plume de l’apôtre Paul dans sa deuxième épitre aux Corinthiens : « Et cela n’est pas étonnant, puisque Satan lui-même se déguise en ange de lumière ».  En effet, si selon la croyance chrétienne Lucifer est un ange déchu, il était surtout, avant sa rébellion et sa chute, le plus beau de tous les anges, le « porteur de lumière », comme le rappelle l’étymologie de celui-là — luci-fer — parmi ses innombrables noms. Ce serait par conséquent un pari follement risqué, insensé, que de chercher à provoquer de tels phénomènes, pari dont la pire des issues possibles, tout aussi imprévisible que les autres, serait de tomber dans le piège de l’ennemi, c’est-à-dire dans les griffes de l’Anti-destinateur Judicateur, qui, dans sa duplicité, se faisant passer pour celui qu’il n’est pas, « exaucerait » la prière de l’orant précisément parce qu’elle est mal orientée. Face à cet aléa et au risque qu’il représente de se perdre, c’est donc la plus élémentaire prudence qui s’impose au croyant. !

On est prévenu !

(Alors, apprendre à respirer pour se de stresser dans une posture dite yoga au centre de loisirs du coin, pas de problème, mais vouloir aller plus loin et se laisser initier par un « maître  ou gourou» pour atteindre des états d’extase, si bienveillant soit-il, c’est risquer tout autre chose !)

À bon entendeur, salut !

Autre site : http://tradition-spirituelle.over-blog.com/2016/02/differences-entre-meditation-bouddhiste-et-chetienne.html

 

 

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