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simone-over-blog Vivre la foi chrétienne au quotidien ici et ailleurs: réflexions , réactions et méditations en chemin.

Des dieux Lares, des maisons que l'on quitte.. et de celle qu'on nous prépare

Simone

Le 13 septembre, 2018, Auvergne

Finalement l'ouragan qui nous attend de l'autre côté de l'Atlantique a l'air de s'affaiblir à l'approche des côtes...mais bon, c'est encore un ouragan quand même

Cette fois-ci, c'est sérieux : il ne faut plus perdre de temps, il faut vraiment être prêt demain aux aurores...si on partait en voiture, à un quart d'heure près ce ne serait pas grave mais quand on prend le train, on doit être à l'heure même si on n'est pas au Japon où le train n'arrive pas à la seconde près et les contrôleurs ( selon mon fils) passent plus de temps à s'excuser pour quelques secondes de retard que pour le retard lui-même...

Je continue à repasser dans ma tête ce que je dois laisser pour la dernière minute, considérant qu'il faudra couper l'eau et l'électricité...et vidanger les tuyaux...pas le temps vraiment d'avoir des états d'âmes maintenant mais se concentrer sur l'essentiel....

*   *   *

Le réflexe de donner un dernier coup de balai avant de partir, un coup de balai d'ailleurs qui ne sert à rien....ça me rappelle un film basé sur une pièce de théâtre « Le violoniste sur le toit », comédie musicale qui raconte les tribulations d'une famille juive en Russie à l'époque tsariste au moment des Pogroms et qui finit par être chassée du village d'où ils habitent...

Au moment où tous s'en vont avec leurs charrues pleines de ce qu'ils ont pu y mettre de leurs biens, comme on le voit dans tous les films d'exode de populations qui fuient la guerre ou la violence politique, l'un d'entre eux demande au rabbin : ça ne serait pas formidable si le Messie pouvait arriver maintenant pour nous sauver, ce à quoi le vieux rabbin répond : nous pouvons aller l'attendre ailleurs...

En tout cas, on voit la femme s'affairer dans cette maison qu'elle quitte pour mitiger sa peine ou y rester le plus longtemps possible et son mari qui lui est déjà dehors lui demande pourquoi elle donne un coup de balai alors qu'ils s'en vont et elle dit :  « je ne veux pas qu'ils trouvent une maison en désordre…. »

Quitter une maison, comme moi quand c'est un choix et que l'on sait qu'on la retrouvera ( si Dieu nous prête vie) c'est une chose, mais quand c'est parce qu'on y est chassé et que l'on doit fuir, c'est tout autre chose et la perte d'une maison peut-être particulièrement douloureuse...

( je pense maintenant à cet évêque maronite palestinien qui avait raconté comment ils avaient été chassés de leur maison par des soldats israéliens et qu'ils croyaient qu'elle leur serait rendue après la guerre mais qui n'ont jamais pu y retourner …)

(On est le 14 et je suis dans le train...)

C'est étonnant comme on s'attache à une maison qu'elle soit grande ou petite, simple ou luxueuse, qu'on en soit propriétaire ou pas, après un certain temps, c'est un lieu où l'on se sent en sécurité, protégé, bien au chaud presque comme dans un cocon (ou le ventre de sa mère diraient les psy) ou même encore un lieu où est ancré notre identité, notre histoire, le lieu pour les Japonais où l'on dresse un autel aux ancêtres, et de l'autre côté du Pacifique, plus près de chez nous, chez les Romains lieu où vivaient les dieux Lares, les dieux du foyer, dieux protecteurs de la famille auxquels on offrait des sacrifices, pour s'attirer leur bénédiction....car si on ne le faisait pas, on risquait gros...

Pas étonnant donc que la première chose que Dieu dit à Abraham quand il lui parle : tu quitteras ton pays ... tu quitteras le lieu de tes ancêtres et de leurs dieux pour t'attacher à moi, et moi seul, tu ne leur appartiendras plus, tu n'appartiendras qu'à moi, et c'est moi qui m'occuperai de toi maintenant, moi qui assurerai ta descendance pas ces dieux ou ces ancêtres capricieux et imprévisibles qui peuvent devenir intransigeants et même sanguinaires quelquefois...une belle offre que celle de Dieu quand on y pense mais concrètement parlant pas facile à vivre ...il faut tout lâcher et n'avoir confiance qu'en lui...

La demande de Dieu qui semble exigeante car elle appelle à l'exclusivité, nous donne en fait une sécurité permanente, imprenable, indestructible...contre vents et marées ( ou ouragans),: on peut nous prendre notre maison, nous faire fuir, nous déporter, mais on ne peut pas nous prendre le lieu où notre Dieu réside qui est le lieu de notre sécurité, notre  forteresse...et bien d'autres choses encore

Alors quitter une maison avec Lui peut toujours devenir une aventure autre part...

( Pendant nos années de grand nomadisme, on rêvait d'avoir un jour une maison à nous et que l'on construirait d'ailleurs... moi à ces époques là je voulais être suffisamment longtemps dans une maison pour pouvoir faire des rideaux... je ne sais pas pourquoi mais avoir des rideaux ça voulait dire s'installer ….. en tout cas on achetait des tas de revues pour avoir des idées et on en discutait souvent... ça ne coûte rien de rêver...finalement on n'a jamais construit ou choisi notre maison ni même le lieu où l'on voulait vivre... (la campagne américaine, et la campagne auvergnate n'étaient pas exactement ce dont j'avais envie....) on se retrouve, ironie du sort dans des lieux qui sont ceux de nos ancêtres, nous qui ne leur rendons certainement pas de culte …. mais c'est là que le Dieu d'Abraham de Jacob etc.. père de Jésus, nous a donné une maison pour vivre, alors on ne s'en plaint pas)

Mais bon Jésus savait bien qu'on a tous la nostalgie d'une maison, d'un lieu permanent où l'on puisse poser ses valises quand on est fatigué...c'est certainement pour cela qu'il dit à ses disciples avant de mourir qu'il va dans la maison de son père préparer un lieu pour nous et il nous assure qu'il y aura de la place :

Que votre coeur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi. Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n'était pas, je vous l'aurais dit. Je vais vous préparer une place.

En attendant, nettoyons la maison, fermons les volets et partons....pour aller quelque part d'autre, il faut d'abord prendre le risque de partir...


 

P.S. Je me rends compte que j'ai commencé ce blog, il y a un an (le 12 septembre) et que j'étais...en Virginie...Je ne me doutais pas évidemment qu'un an après je serai en Auvergne, après avoir fait un tour en Colombie, à Bruxelles, à Montpellier....dans un an qui sait où je serai...)

P.S.2 Arrivés à Paris et ça c'est un autre monde à part!

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