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simone-over-blog Vivre la foi chrétienne au quotidien ici et ailleurs: réflexions , réactions et méditations en chemin.

Qui est Dieu: élucubrations...

Simone

23/22 juin 2018

(entre le 21 et le 23, l'Argentine s'est prise un 3 à zéro par la Croatie : du jamais vu...l'humiliation totale...ce qui probablement réjouit certains sud-américains qui connaissent l'arrogance argentine..)

L'été a commencé hier avec une victoire de l'équipe de France.( je ne m'y attendais pas vraiment et la deuxième mi-temps ils ont été poussifs)

Il est temps de faire un petit bilan de ma petite incursion, au pays du judaïsme avec le livre de Heschel ( c'est dur entre deux matchs de foot !)

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Ce que je cherchais...

Je voulais vraiment découvrir un regard sur l'ancien Testament ou la Torah qui ne soit pas (j'ai presque envie de dire) pollué,par le Nouveau Testament et surtout nos 2000 ans de christianisme qui en ont rajouté une couche, particulièrement d'un christianisme occidental qui s'appuie sur la pensée gréco romaine, sur la pensée cartésienne ( pour les français) et sur la raison toute puissante du siècle des lumières....C'est cette même recherche, qui est je crois aussi celle de mes contemporains si on lit les dernières études sur le christianisme primitif : recouvrir le sens premier des choses à la lumière de l'histoire, ce qui pourrait d'ailleurs être une recherche illusoire .. (remonter dans le passé pour y découvrir une pureté perdue est-ce possible ou même encore plus, cette pureté imaginée des premiers temps ne pourrait-elle pas être une illusion en soi ?)

Quand la vie m'a conduite dans des lieux où je suis restée assez longtemps pour abandonner le moule de pensée dans lequel j'avais été formée dans les Universités françaises, j'ai découvert que les outils d'analyse que j'y avais appris n'étaient pas si universels que je le croyais et n'étaient pas exempts de présupposés culturels ( en d'autre termes étaient eurocentriques)... j'ai donc voulu remettre en cause ma manière d'appréhender le réel et de le qualifier, surtout en ce qui concernait la compréhension de ma foi chrétienne...En ce sens j'ai dû décontextualiser cette fois de son contenu européen (mais bon ça c'est une autre longue histoire)

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Qui est Dieu ?

La question de qui est Dieu, est une question que je me suis reposée souvent. Quand je remets toutes mes croyances en cause et veux recommencer à zéro, je commence par cette question de Qui est Dieu finalement et j'essaie de nouveau de scruter les écritures pour essayer de savoir si l'idée que je me fais de Dieu est la bonne ou pas....Il y a une époque où je me suis demandée, est-ce que le Dieu auquel je crois, celui qui se révèle dans la bible est le Dieu qui existe ?

( A ce moment là, la réponse qui m'avait été donnée, c'était « je suis celui qui suis » dans la traduction de la bible que j'avais à l'époque et je l'avais comprise comme, je suis celui qui existe....donc, il n'y en a pas d'autres, c'était tout simplement celui qui existait... et cette forme de révélation m'avait paru aussi simple que lumineuse...ce n'est pas le Dieu de la Bible qui existait, mais celui qui se révélait dans la Bible, sans qu'on ait besoin de lui attribuer un nom particulier, ce que les juifs ont toujours d'ailleurs refusé de faire en ne prononçant pas son nom...)

La question de l'existence de Dieu n'a jamais été fondamentale pour moi car elle ne peut pas être résolue par un raisonnement quelconque : l'homme n'étant pas à l'origine de l'univers qui l'entoure, la réalité antérieure de ce qui est ou ce qui n'est pas, est hors de son contrôle ou plutôt n'a rien à voir avec ce qu'il peut croire ou ne pas croire. Ce que l'homme peut penser ou ne pas penser sur l'existence de Dieu est stérile car il n'entame pas une réalité qui existe hors de lui et le croire serait attribué une toute puissance à l'être humain dont la vanité ( pour ne pas dire la bêtise) saute aux yeux quand on regarde l'Univers autour de soi sachant qu'il n'en est pas l'auteur mais uniquement un observateur qui est arrivé très tardivement sur la planète de surcroit...

Donc pour moi, il a toujours été évident que croire ou ne pas croire en Dieu demande le même acte de foi : un saut dans le vide pour ce qu'il y aurait ou qu'il n'y aurait pas eu « au commencement », quand l'être humain n'était pas là...même pas imaginable..

(Cette phrase qui revient souvent et qui est présentée comme une vérité absolue, « l'Homme a inventé Dieu » et quand on dit l'homme on veut dire l'homme pré-scientifique qui ne pouvant pas expliquer l'univers dans lequel il vivait a créé Dieu, cette phrase est une affirmation qui a le don de m'irriter, car elle est l'expression d'un grand nombre de préjugés résultant d'une arrogance intellectuelle démesurée....derrière laquelle se cache un mépris vers tous les êtres humains qui croiraient en Dieu et que cette croyance mettrait dans la catégorie des ignorants ou des attardés « les primitifs » mais qui reflète aussi une conception de l'évolution humaine erronée car elle supposerait que l'homme scientifique d'aujourd'hui serait plus intelligent que l'homme pré-scientifique imaginé d'hier, le cerveau humain n'ayant pas changé dans les derniers millénaires..sans compter que dans le monde contemporain, cohabitent des êtres humains qui croient et ne croient pas en Dieu et dont le cerveau est au même stade d'évolution...)

La vraie question, une fois posé ce premier acte de foi, c'est me semble-t-il, si je crois que Dieu existe, quel Dieu existe parce- que ça, ça a des conséquences sur le sens de la destinée humaine sur le comment vivre mais aussi le comment je peux me positionner par rapport à lui : l'ignorer, me soumettre à sa volonté qu'elle soit bonne ou mauvaise ou me révolter ? Il me semble que la réponse à cette question est énorme...et elle conduit quelquefois à l'athéisme quand on rejette la conception d'un dieu méchant et vengeur auquel on refuse d'adhérer et donc de croire...

Dieu est celui qui...

Bref, tout ça pour dire que, certains concepts présentés par Heschel m'ont paru particulièrement intéressants quand il dit que le Dieu d'Israël, ne révèle pas sa nature, il ne dit pas qui Il est ( d'où la question du nom qu'on ne peut pas prononcer au risque de le définir et donc de le limiter, ce qui est une réponse à l'accusation d'anthropomorphisme ) il se révèle comme celui qui entre en relation avec l'être humain et fait de lui un interlocuteur pas plus et pas moins... Celui qui parle avec Adam et Ève, celui qui s'adresse à Abraham et fait un pacte avec lui, celui qui parle avec Moïse, celui qui entre dans l'histoire humaine

Et tout ce que l'on sait de lui est à travers de ce qu'il dit à l'être humain et c'est de là qu'on sait qu'il s'intéresse et se préoccupe de sa destinée et qu'il l'aime.......Le Dieu révélé dans la bible est plus intéressé à nous faire savoir qui on est plutôt que qui il est et ce qu'il attend de nous,...la question de qui il est est secondaire, elle n'est pas centrale au discours biblique.

De cette manière, on élude toutes les velléités philosophiques sur la tentative de le définir car elle ne fait pas de Dieu une question de philosophie, des Platon, des Socrate....Nietzsche , Sartre ( bon la j'ai sauté quelques siècles) et bien d'autres encore et dans ce sens, Dieu est soustrait aux catégories des philosophes. Si sa définition se limite à être celui qui existe et qui entre en contact avec nous, impossible de le créer à notre image et à notre ressemblance. Vouloir définir Dieu ou le nier vient d'un désir de toute puissance de l'être humain qui est justement perdu dans un univers qu'il n'a pas créé. Il ne peut rien contre un Dieu dont la définition première est qu'il existe : son existence le situe complètement hors de son contrôle (de son désir même de le détruire)

Dans cette optique aussi, montrer que le Dieu d'Israël se situe dans le temps plutôt que dans l'espace comme l'auteur le développe largement dans sa théologie du sabbat complète ce refus de définition de Dieu qui peut-être si dangereuse... Pour moi cette insistance sur la non définition de Dieu, en termes conceptuels est vraiment éclairante...

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C'est maintenant que je peux réfléchir à combien ce Dieu ressemble mais aussi se distingue de celui de l'Islam...je suis frappée par sa ressemblance surtout quand l'auteur parle de l'Unicité de Dieu un concept central à la compréhension de Dieu et qui est présent dans la première partie de la déclaration de foi du musulman...mais aussi de son caractère indéfinissable et donc irreprésentable. La grande différence évidemment est que dans l'Islam n'est pas présent cette autre caractéristique fondamentale que dénote l'auteur d'être celui qui entre en relation avec l'être humain...et l'absence d'une conception de l'alliance, fait que l'attitude du musulman face à Dieu, est d'être celui d'un esclave qui ne saurait en aucun cas discuter avec Dieu, comme a pu le faire un Abraham, un Moïse...ou un Job.....Ce n'est pas envisageable (.c'est d'ailleurs ce que j'ai pu constater dans mes contacts avec des musulmans) la volonté de Dieu qui a été révélé à Mohamed a dû se faire par l'intermédiaire d'un ange qui lui a dicté le Koran...mais pas dans un dialogue de tu à tu...

Et qu'est-ce que Jésus a changé à cette présentation de qui est ou qui n'est pas Dieu ? Ce qui pour moi est important c'est d'être rappelé que Dieu est d'abord Dieu avant d'être amour, quand d'ailleurs cette définition de Dieu = amour m'a toujours gênée car étant donné le sens du mot amour dans notre langue elle évoque pour moi une certaine mièvrerie et surtout elle se prête à toute sorte de malentendus......que Dieu aime l'être humain est un article de foi dont je ne doute pas car Jésus nous le dit clairement, mais je me sens mal à l'aise quand on en fait l'unique définition de qui est Dieu ... 

Alors évidemment on connaît tous par cœur, si on est chrétien ce passage qui vient de l'épitre de Jean :

  • « Bien-aimés, aimons nous les uns les autres; car l'amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, car Dieu est amour. L'amour de Dieu a été manifesté envers nous en ce que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui »

Mais il me semble qu'ici, Jean nous parle plutôt de l'amour que Dieu a envers nous, que d'en faire la définition de qui est Dieu...mais bon, quand Jean parle de Dieu comme cela, qui ne se réjouirait pas....

La venue de Jésus a quand même bien mis en exergue l'amour de Dieu pour nous, même si cet amour avait déjà été révélé dans la Torah, et par les temps qui courent, surtout quand le mal sévit, on a bien besoin que ce message soit clair et audible....

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Alors ça rime à quoi tout ça ?

Ça rime à me dire, tais-toi devant Dieu...arrête tes élucubrations...

Et puis finalement Jésus, tu ne peux pas faire sans...

Maintenant profite de cette belle journée d'été !

 

P.S Je n'en ai pas fini de mes conclusions sur cette lecture, mais ça suffit pour aujourd'hui..


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

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