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simone-over-blog Vivre la foi chrétienne au quotidien ici et ailleurs: réflexions , réactions et méditations en chemin.

De l'éloge de la futilité


 

Le 8 juin 2018

Jour de la Saint Médard : s'il pleut le jour de la Saint Médard, il pleuvra 40 jours plus tard...alors on va être servi...comme si on n'avait pas eu assez de pluie jusqu'`a présent !

* * *

Le texte qui me court dans la tête depuis hier soir c'est celui-ci :

« Considérez comment croissent les lis: ils ne travaillent ni ne filent; cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux. Si Dieu revêt ainsi l'herbe qui est aujourd'hui dans les champs et qui demain sera jetée au four, à combien plus forte raison ne vous vêtira-t-il pas, gens de peu de foi? »

Il me court dans la tête car je suis dans le mode : qu'est-ce que je dois faire l'année prochaine alors que je m'apprête à choisir des dates pour trouver un billet d'avion bon marché pour aller aux États Unis et comme il faut avoir une idée de quand sera le retour, ça s'avère compliqué surtout quand on a du mal à se projeter dans l'avenir. En plus maintenant les billets les moins chers ne sont pas modifiables !

Cette année a été tellement une année d'événements imprévus que je n'ai pas eu vraiment l'opportunité de la planifier, seulement répondre à chaque moment à ce qui semblait le plus logique dans les circonstances qui se présentaient. D'où cette difficulté à trouver un véritable rythme de vie, avec des engagements pérennes, pas répondre seulement au jour le jour aux sollicitudes du moment..

Questions de vie pratique, où je voudrais essayer de peser ce qui serait important de faire ou de ne pas faire, en d'autres termes où je me demande où je serai le plus utile, sachant qu'avec l'Internet , je peux rester en communication avec les uns et les autres aux quatre coins du monde.

Et alors que je réfléchis à cette question de mon utilité ou efficacité, vient cette phrase lumineuse sur Dieu qui fait des choses totalement inutiles : c'est vrai. à quoi ça sert de revêtir l'herbe des champs de parures magnifiques quand demain elle sera jetée et brûlée ?

Et bien ça ne sert à rien ! Absolument à rien !

Mais non seulement, ça sert à rien mais c'est superflu ! C'est vraiment superflu !

Et c'est là que je me rends compte que j'ai du mal avec le superflu mais aussi avec l'idée d'être inutile de ne servir à rien. Je me rends compte à quel point, j'essaie de mesurer d'une manière ou d'une autre mon utilité et maintenant je me demande comment j'en suis arrivée là... C'est tellement nocif !

Me suis-je laissée prendre au piège des réseaux sociaux ( pourtant je n'ai même pas facebook) où l'on peut voir ce que font les autres et ce faisant on compare naturellement la notoriété des autres à la sienne ?

Cette histoire de se comparer avec les autres, c'est mortel, vraiment mortel : c'est tellement faux, car on tire des conclusions, on porte des jugements sur l'illusion du bonheur imaginé d'autrui qui nous fait vivre dans l'amertume, le regret, la déception et surtout l'envie....la convoitise. Pourquoi pas moi  se dit-on ?

( mais évidemment on ne le dit pas quand on voit le malheur d'autrui, pourquoi moi je n'ai pas tout perdu dans cette catastrophe comme les autres...)

Je ne peux m'empêcher de penser à ce commandement de la loi donnée à Moise que l'on oublie souvent 

« Tu ne convoiteras point la femme de ton prochain; tu ne désireras point la maison de ton prochain, ni son champ, ni son serviteur, ni sa servante, ni son boeuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain » Ni sa réputation, ni sa page facebook, ni le nombre de ses followers sur twitter, ni le nombre de fois qu'il apparaît quand tu mets son nom et fais une recherche sur google...

Étonnant l'actualité de ce commandement : on se souvient souvent de la première partie car ça parle de l'adultère, mais pas du reste tout aussi important : jalouser, envier les autres, c'est mortel, parce-que désirer leurs possessions ( au sens fort du terme) est fondé sur une idée fausse du bonheur. Non leur femme, leur maison, leur champ, leur serviteur etc...ne nous rendrait pas heureux, pas plus qu'il ne les rend heureux d'ailleurs!

* * *

Revenons-en à nos moutons.

Finalement, je n'ai pas besoin de me prendre autant la tête pour acheter ce billet. Peu importe ce que je peux planifier ou anticiper, l'avenir ne m'appartient pas... Et en plus qu'est-ce que signifie être utile, comment pourrais-je mesurer mon utilité à moi?

Il me faut vraiment rectifier le tir...

P.S. Évidemment, Jésus n'en est pas resté là : il voulait surtout rassurer ses disciples qui vivaient vraiment dans la précarité, que Dieu connaissait leurs besoins,

« Et vous, ne cherchez pas ce que vous mangerez et ce que vous boirez, et ne soyez pas inquiets. Car toutes ces choses, ce sont les païens du monde qui les recherchent. Votre Père sait que vous en avez besoin »

Ils ne leur disaient pas pour autant qu'ils devaient rester les bras ballants 

« Cherchez plutôt le royaume de Dieu; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. Ne crains point, petit troupeau; car votre Père a trouvé bon de vous donner le royaume »

Cherchez le royaume, ça évidemment ça demande des explications....

D'ailleurs si on continue la lecture on n'est pas au bout de nos surprises car il y a carrément un défi celui de vendre toutes ses possessions,

« Vendez ce que vous possédez, et donnez-le en aumônes. Faites-vous des bourses qui ne s'usent point, un trésor inépuisable dans les cieux, où le voleur n'approche point, et où la teigne ne détruit point.… »

De quoi méditer !

En attendant quoi de plus futile que d'admirer une rose!

 

 

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