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simone-over-blog Vivre la foi chrétienne au quotidien ici et ailleurs: réflexions , réactions et méditations en chemin.

L'attente ou les douleurs de l'enfantement

Mercredi 13 décembre

Au réveil :

Actualités : en Alabama, c'est le sénateur démocrate qui a gagné : un ouf de soulagement...sauf que l'évangile en a quand même pris un très mauvais coup : le candidat républicain au discours super chrétien qui cite la bible et refuse d'appliquer la loi qui autorise le mariage homosexuel , a reçu 80% des votes des évangéliques blancs après avoir été accusé par de nombreuses femmes d'harcèlement sexuel quand elles étaient mineures...

J'ai bien peur que le christianisme aux États Unis ne se remette de ces alliances avec des hommes politiques sulfureux, aux politiques racistes, anti-pauvres et anti-immigrants. Pourtant, il y a bien des chrétiens qui s'opposent à eux mais ils ne font pas la une des journaux. Heureusement en tout cas qu'il y a des chrétiens noirs et qui ont voté en masse contre ce dernier candidat ce qui fait que l'on doit dire « les chrétien évangéliques blancs » l'ont soutenu, ce n'est donc pas la foi des votants qui compte mais la couleur de leur peau. Merci à vous, américains-africains, qui sauvez le message de l'évangile !

Aussi au réveil, vidéo du plus jeune membre de notre famille qui chante en espagnol un cantique de Noël, un de ces fameux villancico « Con mi burrito sabanero voy camino de Belén, con mi burrito sabanero voy camino de Belén » ( avec mon petit âne de la plaine, je suis en chemin à Bethléem), ce qui me fait penser à toutes ces belles coutumes qui se sont développées dans le monde autour de l'histoire de la naissance de Jésus et de la période de l'Avent.

En Colombie, c'est la Novena....alors pour des chrétiens protestants, c'est peut-être un peu trop centré sur Marie, mais après tout, l'Avent c'est la seule période où l'on nous raconte quelque chose sur elle et où finalement, elle était vraiment au centre de l'histoire car être enceinte de 9 mois et devoir faire un long voyage sur le dos d'un âne et de surcroît ne pas savoir où l'on va atterrir, quand on est prête à accoucher ....eh bien, ça vaut bien un minimum de reconnaissance! N'importe quelle femme ( y compris moi) sait combien ce dernier mois de grossesse est difficile, et sait aussi combien douloureux sont les derniers moments quand on n'a pas de péridurale... D'ailleurs qu'il y ait ces détails sur la grossesse de Marie, sa rencontre avec Élisabeth et les difficultés de la naissance de Jésus vient certainement des sources féminines... C'est le genre d'histoire qui intéresse les femmes et qu'elles aiment se raconter quand elles se retrouvent...

Évidemment on ne saura jamais quelles ont été les sources de l'évangéliste Luc pour ce récit : pour un texte aussi lointain qui dit s'appuyer sur des témoignages oraux, on peut supposer tout ce que l'on veut sans jamais n'avoir de certitudes ...et dans ces cas là, on s'en donne à cœur joie selon le courant de théologie auquel on appartient et qui donne plus ou moins de crédibilité au texte biblique... jusqu'à même considérer une origine mythique au récit qui serait emprunté de traditions non juives...

Dans une étude récente que j'ai lue sur l'évangile de Luc, l'auteur ( Keene: Acts an exegetical commentary) notait que Luc comme historien n'avait rien à envier à ses contemporains et que le texte des Actes par exemple correspondait bien au genre historique de l'époque. La seule grosse différence est qu'il ne citait pas ses sources, et c'était cela qui empêchait de lui attribuer le label historien.

( On peut comprendre facilement pourquoi il ne l'a pas fait étant donné qu'il n'était pas l'historien officiel d'un grand de ce monde comme un Josephus par exemple...mais bon ça aurait été sympa s'il avait pu penser aux chrétiens du XXIème siècle qui ont tellement de questions à poser mais surtout qui pensent en savoir tellement plus que leurs coreligionnaires du premier siècle après Jésus Christ)

Pour en revenir à la Novena de Noël comme l'indique son nom, 9 jours de suite en décembre, on se retrouve chez des voisins ou des amis (chacun son tour), on chante, on récite des prières et bien sûr on mange... de la natilla ( un dessert fait avec de la noix de coco et du maïs). Ce qui m'émeut moi, c'est ce refrain que l'on répète accompagné d'instruments de musique que tous peuvent jouer ( comme les maracas), où l'on invite Jésus à venir en lui demandant de se dépêcher « ven a nuestras almas, ven no tardes tanto »

Cette impatience de l'attente me rappelle un poème magnifique d'un auteur dont je ne me souviens ni le nom ni la nationalité ( je pourrai les retrouver dans une malle gardée quelque part si je prenais le temps de chercher...) et qu'il avait récité ponctué du rythme d'un tambour, à l'occasion d'une conférence qui regroupait des écrivains de différents pays d'Afrique. Il parlait de l'attente de la naissance de Jésus dans la jungle où chacun des animaux l'encourageait à naître comme le ferait une accoucheuse : c'était comme si toute la création attendait la révélation du fils de l'homme.... ce qui m'a rappelé un passage qui parlait d'une attente similaire :

« Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise à la vanité, -non de son gré, mais à cause de celui qui l'y a soumise, avec l'espérance qu'elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Or, nous savons que, jusqu'à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l'enfantement » (Romains 8:19-22)

Et c'est cela qui est merveilleux dans l'histoire de l'évangile, c'est que chaque culture peut se réapproprier l'histoire de Jésus où tel ou tel aspect de cette histoire y trouve un écho particulier... ce qui  pour nous qui sommes d'une autre contrée peut être une source d'émerveillement inattendue...

 

22:19 Je n'en suis plus au réveil, la journée a été pleine et elle n'est pas finie. J'en reste au soupir de celle qui souffre les douleurs de l'enfantement en attendant....

On attend tous avec un ardent désir....quelque chose

Ven a nuestras almas, no tardes màs (viens dans nos âmes, ne tarde plus)

 

 

 

 

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